Mise en ligne le 14 août 2009. Retouche le 29 mars 2011

Sur cette page

* Préambule explicatif

* Chronologie melodunoise
* Exposition : Quel Moyen-Âge à Melun?
* Un Hollandais de passage en 1663
* Melun au fil de l’histoire
* Rendez-vous du Parcours Historique de la Ville
* Peintres et mécènes en Brie.

Plan du site - Contacts

Pourquoi une page d’histoire locale?

Citoyen du monde, j’ai néanmoins tissé des liens avec un terroir - ainsi que ceux liés à mon nom breton ou mes origines normandes, etc., -, une géographie comme une histoire locales. Je suis né à Melun et si j’ai déménagé plusieurs fois, ce ne fut jamais bien loin. Ma thèse de doctorat en histoire de l’art, atypique, confrontait peintres et mécènes au XVIIè siècle en Brie, dont cette ville relève. J’y vis toujours. Toutefois, je n’en ferais pas une page du site si cela ne participait de mes
activités professionnelles.

Entre autres, pendant plusieurs années, j’ai été le conférencier du Parcours historique de la ville de Melun. Il est encore ponctuellement fait appel à moi pour ces visites, qui suscitent toujours un intérêt et des questions. C’est cela qui m’incite à ouvrir cette page. Je pense en effet que cela comble un manque et je m’efforcerai d’actualiser régulièrement son contenu.

Je ne limite pas cette page à Melun. Parmi les projets, des visites virtuelles de Vaux-le-Vicomte ou du Palais de Fontainebleau et autres études en rapport avec le “génie du lieu”. Ce qui concernait les suites de ma thèse sur une autre page y trouve désormais sa place tout naturellement, tant par la matière que dans les intentions.

Sylvain Kerspern, Melun, dimanche 2 août 2009


Sylvain Kerspern



Un Hollandais

de passage

en 1663.

Mise en ligne le 29 mars 2011


Ci-contre : Israël Silvestre
Vue de Melun au temps de Schellinks,
gravure


La préparation de l’exposition Richelieu nous a mis en présence de nombreuses descriptions assez largement inexploitées. Le catalogue en révèle une qui n’avait été utilisée que partiellement (celle du duc de Brunswick en 1659) et plusieurs autres faites par des Hollandais, apparemment friands du lieu.

L’un d’eux a produit deux journaux particulièrement précieux de voyages effectués en 1646 et 1663 : Willem Schellinks (1627-1678), peintre amstellodamois. Une autre exposition organisée par la Fondation Custodia, à Paris, a permis leurs publications assorties de traductions. J’ai relevé un passage instructif, concret, concernant Melun, l’artiste et son compagnon de route, le fils de marchand Jacques Thierry, y passant pour y visiter Vaux en juin 1663.

Il parle peu du château lui-même, qui est sous garde puisque Foucquet est emprisonné, et démeublé, sinon pour louer la qualité de ses peintures. Il consacre plus de temps au jardin, particulièrement aux grandes fontaines encadrant le canal, les grottes et les grandes cascades. J’y reviendrai dans le cadre d’une étude sur la restitution des jardins par Israël Silvestre - travail exactement contemporain de celui de Marot à Richelieu. Mon propos, pour l’heure, est plus anecdotique : l’artiste donne quelques indications d’ordre pratique sur le voyage et le séjour à Melun.

Lorsqu’il y arrive, il vient de Fontainebleau, en passant le long de la Seine par Franchard et Brolle. Après avoir mangé au “Porteur de drapeau”, ils se rendent à Vaux “village situé dans la plaine, où se trouve le très beau palais de Fouquet appelé [le nom manque]”. On comprend la lacune : il a confondu le village, Maincy, avec le château.

Il en repart pour loger, le soir, “à l’Aventure, au pied du pont”, peut-être sur la rive gauche où se trouve l’embarcadère : naviguer sur la Seine pouvait ressembler à une aventure. Lui et son compagnon repartent pour Paris, semble-t-il séparément, dans deux bateaux “chargés de caisses emplies de faïences de Nevers”. Le parcours est, comme il le souligne, jalonné de “nombreuses demeures d’agrément”. Le soir, ils logent à Saint-Maur. Coches d’eau ou pas, la fréquentation de la Seine permettait quotidiennement à tout voyageur de faire le trajet Paris-Melun ou le retour en une journée tout au plus.

Saint-Méry, le passé au présent.



Mise en ligne le 27 août 2010


Dans le cadre des journées du Patrimoine, la commune briarde de Saint-Méry présente le fruit de patientes recherches sur son passé. Les liens tissés naguère ont fait que j’ y ai apporté une petite part. Voilà pourquoi je me permets cette publicité. J’y serai le samedi après-midi

Le lendemain, je serai à Melun...

D’après Primatice? Saint Mathieu, Saint-Méry, église, voûte du choeur.
.

QUEL MOYEN-ÂGE À MELUN?

Exposition jusqu’au 20 décembre 2009 au musée de Melun.
Mise en ligne le 12 décembre 2009


La question est curieusement posée, et pourtant elle résume bien la difficulté à cerner les contours de la mémoire du Moyen-Âge dans une ville dont le passé royal très réel est pourtant aujourd’hui évanescent. Cette exposition propose donc d’en apporter le témoignage, et ne manque pas d’arguments pour le faire.

Peut-être la découverte récente d’une troisième nécropole mérovingienne dans le nord de la ville, après le site Grüber près de la gare et celui de Saint-Liesne, aura-t-elle servi de déclencheur. Toujours est-il que la pièce majeure est certainement le sarcophage qui en est issu, daté des VI-VIIè siècles. La sculpture, le mobilier notamment issus des fouilles de ces sites funéraires, les documents - copies ou fac-similés - issus des collections municipales forment un ensemble archéologique cohérent et les atouts majeurs de l’exposition.


Boucle de ceinture, époque mérovingienne.
Melun, musée (origine : site Grüber, 1881).

Choix de présentation.

Elle pêche à mon sens par le manque d’explications. Il y a deux scramasaxes travaillés par le temps. J’avoue que jusqu’à présent, je n’avais pas encore mémorisé le terme (une fois écarté le souvenir d’un personnage du journal de Spirou...), qui désigne un couteau franc.

Les copies d’actes concernant les édifices religieux, pour qui sait les lire (elles datent tout de même de l’Ancien Régime, et reprennent à l’occasion le latin), évoquent, ici, la situation désastreuse de l’Abbaye de Saint-Père en 991, là, les dégâts de la tour de l’église Saint-Aspais lors du siège par les Anglais de même que la date de reddition de la ville en novembre 1420; puis le début de sa reconstruction dans sa forme actuelle à partir de 1468, et les processions faites par l’abbé de Saint-Père pour contribuer, par les aumônes et les oblations, à son financement. Dommage de ne pas en faire état pour les non-paléographes.


Scramasaxe, époque mérovingienne.
Melun, musée (origine : Saint-Liesne, avant1967).

Les informations sont consignées dans des livrets plastifiés très bien faits mais seulement mis à disposition en un tout, et non pas localisés. S’y ajoutent quelques panneaux sommaires qui suggèrent simplement l’organisation thématique, évoquant notamment les établissements religieux, le château royal ou les rites funéraires. La question chronologique n’est évoquée que par un panneau introductif, et d’un point de vue strictement personnel, pour avoir fait des recherches pour le Parcours historique, j’aurais souhaité qu’elle soit plus nettement perceptible.

Apports chronologiques : Anglais, Bourguignons, Mérovingiens.
Il est vrai que j’ai une vision peu orthodoxe du Moyen-Âge, le faisant s’achever plus tôt que d’ordinaire - vers 1300. Il se trouve que c’est le moment où la présence royale à Melun, très importante depuis l’an mil, commence à décliner, par le fait du rattachement de la Champagne à la couronne de France. Je dirais quand même deux mots de ce qui a pu être trouvé sur le site du quai Voltaire à l’occasion des travaux pour la Direction départementale de l’eau, datant du XVè siècle.

Siège et occupation anglo-bourguignonne (1420-1435)

L’armement semble y avoir cohabité avec un ensemble significatif de monnaies datables du XVè siècle, en particulier un Gros “Florette” de Charles VI datable de 1419-1422 et des pièces rattachées à Philippe Le Bon, duc de Bourgogne, allié aux Anglais. Il y a notamment un “niquet”, c’est-à-dire une pièce “noire” émise en double d’un gros d’argent, destinée à le remplacer dans le cadre d’une politique monétaire qui produit un affaiblissement des espèces. C’est apparemment le roi de France Charles VI qui prit l’initiative de ses mesures en août 1421, suivi de Henri V Lancastre, roi d’Angleterre. Il est vraisemblable que Philippe Le Bon ait dû s’aligner rapidement sur ce procédé.

Quoiqu’il en soit, il est extrêmement tentant de mettre en rapport les trouvailles de ce site avec le siège, puis l’occupation de Melun par les Anglais et les Bourguignons; de le confronter avec le tableau bien postérieur et très fantaisiste des collections municipales, montrant un campement au premier plan à droite, au sud ouest de Melun, sur un site par ailleurs connu comme “la Fosse aux Anglais” - au point que son nom a été donné à une rue aujourd’hui située sur le territoire de Dammarie-lès-Lys, où j’ai vécu deux ans.

Cette peinture ne doit surtout pas être prise comme un document historique : elle présente des architectures qui ne sont guère plus compatibles avec un siège lors de la Fronde, ou quelque siège de Melun que ce soit, d’ailleurs. C’est une sorte de commémoration vraisemblablement du XVIIIè siècle d’un moment essentiel de l’histoire de la ville : on se souvient que c’est alors que ses habitants méritèrent la sinistre devise encore aujourd’hui attachée à son blason : “Fida muris usque ad mures” (“Fidèles au murs jusqu’aux rats”). L’exposition montre qu’ils ne leur ont pas été fidèles jusqu’à vouloir les maintenir debout...


Anonyme XVIII-XIXè siècle,
Vue fantaisiste du camp des Anglo-Bourguignons au siège de 1420,
hst.
Melun, musée.


Ville royale mérovingienne?

À l’autre bout de la séquence, j’ai peine à croire que la propagation du christianisme ait été le fait de saint Aspais et saint Liesne à partir du VIè siècle. Il faut rappeler que Clovis a unifié un royaume franc de grande ampleur sous la bannière chrétienne, au bénéfice d’une conversion encouragée par son épouse déjà acquise à cette confession, ceci dès la fin du Vè siècle.

C’est dans le contexte de sa succession et de la division du royaume entre ses héritiers inconciliables que se placent les séjours supposés de Liesne et Aspais, envoyés de l’évêque de Sens dont Melun dépend spirituellement - alors qu’il est rattaché politiquement au royaume de Paris. Je ne m’étends pas sur la question pour l’avoir déjà abordée ailleurs, mais la lettre de l’évêque Léon de Sens, dans les années 530, montre bien que déjà, le christianisme est présent à Melun au point de devenir argument de luttes de pouvoir entre l’Eglise et le roi.

C’est probablement l’apport principal de cette exposition que de proposer un ensemble de témoignages de cette époque, qui montrent qu’avant les Capétiens, les rois Mérovingiens ont accordé une réelle importance à Melun, au point, par exemple, d’y installer un atelier monétaire ou de vouloir y créer un évêché.


Sarcophage, époque mérovingienne. Pierre calcaire
Melun, musée (origine : rue Lucien Gaulard, 1989).

Tête de sarcrophage à décor de croix pattée, époque mérovingienne.
Pierre calcaire. Melun, musée (origine : Saint-Liesne, 1977).

Exposer les pleins et déliés d’une histoire significative.

L’évidence de la situation stratégique, fondatrice de l’histoire de Melun par la narration de sa prise par Labienus durant la guerre des Gaules, ne s’est pas éteinte avec le Moyen-Âge, ni même l’annexion de la Bourgogne au XVè siècle. Les sièges et les destructions se seront poursuivis et auront contribué aux maints remaniements du paysage urbain, qu’il faut prendre le temps de parcourir pour y retrouver les aspects médiévaux subsistants. Il serait de fait souhaitable qu’un espace - pas nécessairement dans l’actuel musée et je pense bien sûr au Prieuré Saint-Sauveur - puisse être destiné à la présentation permanente des collections archéologiques de la ville, qui sont loin d’être négligeables.

S. K., Melun, 2 décembre 2009



PARCOURS HISTORIQUES DE LA VILLE DE MELUN

Le “Parcours historique” de la ville de Melun consiste en une signalisation, par des plaques de laves émaillées en pupitre ou apposées sur les murs, des principaux éléments du patrimoine historique de la cité (monuments, sites, personnages...) en vingt-sept étapes inaugurées en 2001 et depuis augmentées de deux nouvelles, pour la découverte non accompagnée des visiteurs. Une animation par des guides a été mise en place ensuite, avec pour ambition de faire visiter les étapes principales, l’ensemble étant trop long et fatiguant.
De 2004 à 2006, en tant que principal conférencier, j’ai progressivement développé une approche par sujets. “Melun, Ville royale”, le “classique”; et “Melun au fil de l’eau - activités et évènements liés à la Seine et à l’Almont” - en 2004; augmentés en 2005 de visites “En suivant les fortifications du bourg Saint-Aspais” et “À travers le faubourg saint Liesne et en suivant l’Almont; et en 2006, d’évocations de ses “Personnages historiques” et du “Faubourg Saint-Ambroise”.
Certaines étapes se retrouvent dans plusieurs parcours thématiques, mais pas nécessairement abordées de la même façon. En plus d’une information historique vérifiée (voire amendée par des mises à jour incessantes, sources de ma chronologie melodunoise), c’est l’occasion de voir Melun selon des angles que la voiture ne permet pas...
En 2011 :
Thèmes

Dates

À travers le faubourg Saint-Ambroise - Réserver. 23 juillet 2011, 14h
Le long de l’Almont et le faubourg Saint-Liesne - Réserver. 27 août 2011, 14h
Melun au fil de l’eau - Réserver. 18 septembre 2011, 14h

Autres dates et thèmes sous la responsabilité de Marie Striebel

30 avril 2011 : Melun, sur les traces de la ville médiévale (14 h -16 h)
21 mai 2011 : Melun au naturel (14 h - 16 h)
18 juin 2011 : L’évolution du quartier Saint-Aspais au fil des siècles (14 h -16 h)
9 juillet 2011 : Les figures historiques de Melun (10 h - 12 h)
6 août 2011 : La collégiale Notre-Dame (14 h - 16 h)
Journées du Patrimoine : 17 septembre 2011 : Melun, sur les traces de la ville médiévale (14 h - 16 h)
Fête du Brie : samedi 1er octobre 2011 : Melun, sur les traces de la ville médiévale (10 h - 12 h) L’île Saint-Etienne (14 h - 16 h)

Renseignez-vous auprès de l’office de Tourisme de Melun (01 64 52 64 52)

Précédemment :
Melun au Moyen-Âge 22 mai 2010, 15h
Le faubourg Saint-Ambroise 21 août 2010, 15h
Les fortifications du faubourg Saint-Aspais 21 septembre 2010, 15h


Chronologie melodunoise issue du Parcours historique.

Le principe de ce travail est d’allier dates recoupées et le plus possible vérifiées et brèves discussions complémentaires sur les périodes. On n’attendra pas pour l’instant l’exhaustivité, non plus qu’une trame minimum : il s’agit des éléments utiles au Parcours historique de Melun.

Toutes les suggestions, néanmoins, seront attentivement étudiées car j’ai l’intention d’en faire, à terme, un outil de référence pour la connaissance du patrimoine melunais. Des points problématiques font l’objet de discussions particulières indiquées par des liens, pour ne pas alourdir le texte.

Mise en ligne le 10 août 2009
Retouches août 2010

BIBLIOGRAPHIE.

OUVRAGES GÉNÉRAUX :

Leroy Gabriel 1887, Histoire de Melun, Melun
Leroy Gabriel 1904, Le Vieux Melun, Melun
Art et architecture à Melun au Moyen-Âge, colloque, Melun, 1998, Paris, 2000.
Melun. Une île, une ville. Patrimoine urbain de l’Antiquité à nos jours, Cahiers du Patrimoine (Judith Förstel, dir.), Paris, 2006.

RÉFÉRENCES COMPLÉMENTAIRES :
Abréviations :
GRAM : Groupement de recherches archéologiques melunais.
GRAS : Groupement de recherches archéologiques subaquatiques.


Arbois de Jubainville (Henri d’) 1859 “L’historien Richer et le siège de Melun en 999”, Bibliothèque de l’école des Chartes, 20, p. 393-398.
Bourel de la Roncière, Charles (publ.) 1892, Vie de Bouchard le vénérable, Paris.
Bauchet Olivier 1998 “Les moulins de la Haute-Seine”, Bulletin de la Société d’art, histoire et archéologie de la vallée de l’Yerres, 1968-1998, p. 89-97.
Gallet Yves 1998, “Les tours de chevet de Notre-Dame de Melun : nouvelles hypothèses chronologiques”, Bulletin Monumental, 1998, p. 237-256.
Bonnin Philippe 2005, “Archéologie de la Seine dans le Melunais. Bilan des recherches subaquatiques 1990-2004”, Bulletin du GRAM, 1, 2005, p. 91-100.
Bonnin Philippe 2007, “Un ouvrage fluvial ancien inédit découvert à Melun”, Bulletin du GRAM, 2, 2007, p. 125-132.
ANTIQUITÉS

Pieux du pont datés du temps gaulois de
Metlosedum d’après Philippe Bonnin, 2005

METLOSEDUM.

Ier siècle Av. JC : traces les plus anciennes avérées de l’implantation humaine sur l’actuel territoire de Melun; les fouilles subaquatiques au niveau du pont du grand bras ont révélé des éléments de pieux de bois d’un pont datés au carbone14 de l’époque gauloise, avant la conquête romaine (Bonnin 2005)

52 Av. JC : lors de la conquête de la Gaule, Jules César demande à son lieutenant Labienus de soumettre les Senons et les Parisii; rendant compte dans sa Guerre des Gaules (VII, 58, 2-3) de la manoeuvre de ce dernier, il évoque Metlosedum comme un “oppidum”(place forte) des Senons situé dans une île de la Seine; ce nom, partiellement confirmé par un fragment d’inscription monumentale (OSEDI, cf. Diane Laneluc in Melun. Une île, une ville..., 2006, p. 21), signifie “le lieu du moissonneur”; cela n’étonnera pas qui parcourt la Brie encore aujourd’hui et permet de supposer que le site servait déjà de relais dans l’exploitation céréalière.


MELODUNUM.

IIIè siècle : dernières traces de l’occupation gallo-romaine sur la rive gauche (GRAM); l’insécurité née des invasions barbares suscite vraisemblablement un repli sur l’île, fortifiée en un “castrum” au IVè siècle (Diane Laneluc in Melun. Une île, une ville..., 2006)

Fin IVè siècle (au plus tard) : mention du diocèse de Sens dont Melun dépend, la carte ecclésiastique reprenant celle de l’administration gallo-romaine (Claire Mabire-Lacaille in Art et architecture..., 2000).

VILLE ROYALE

Maquette des fouilles du site de l’église Saint-Liesne ayant révélé des sépultures mérovingiennes en nombre (Melun, Service archéologique).

MECLIDONE - LES MÉROVINGIENS.

511 : mort de Clovis; le partage issu de sa succession occasionne des troubles affectant particulièrement Melun (voir Discussion Succession Clovis); le pagus melodunensis échoit à Childebert1er, roi de Paris (511-558), d’Orléans (524-532), et de Bourgogne (534-558, en indivision avec Théodebert, son neveu, et Clotaire, son frère), tandis que la civitas senoneni est attribué à Clodomir , roi d’Orléans (+524), puis à Théodebert roi d’Austrasie (534-548) (Claire Mabire-Lacaille in Art et architecture..., 2000).

538 env.? : Childebert 1er favorise l’érection de Melun en siège épiscopal, à quoi s’oppose Léon, archevêque de Sens (+549) (Yves Gallet, “Childebert 1er et le groupe épiscopal de Melun au VIè siècle”, Art et architecture..., 2000; voir aussi Discussion Succession Clovis).

561 : mort de Clotaire 1er, frère de Childebert, qui avait réunifié le royaume de Clovis en 558; le pagus melodunensis échoit à Caribert, roi de Paris (561-567),

567 : le pagus melodunensis échoit à Gontran, roi de Bourgogne et d’Orléans (567-593);

593 : le pagus melodunensis échoit à Childebert II roi d’Austrasie (593-595); son fils Théodebert II, déjà gouverneur de Melun, lui succède au trône d’Austrasie.

612 : capture de Théodebert par Thierry II, roi de Bourgogne; la victoire l’année suivante sur ce dernier de Clotaire II, roi de Neustrie, opère une nouvelle réunfication; Melun aura pâti des troubles de la succession de Clovis en 557-558 et 582-583 (Claire Mabire-Lacaille in Art et architecture..., 2000).


Denier de Charles le Chauve
frappé à Melun

LES CAROLINGIENS.

826, 9 mai : Louis le Pieux/le Débonnaire prend deux églises sous les vocables de Notre-Dame et St-Étienne à Melun sous sa protection (Gallet 1998, p. 250, n.1).

886 : siège dévastateur, parmi d’autres (vers 845, par exemple, selon Leroy), lors des nombreux raids normands du temps (Leroy 1887; Diane Laneluc in Art et architecture..., 2000);

901, 21 août : don de la “petite abbaye” Notre-Dame du “castrum” de Melun par Charles III le Simple à Téry (Ph. Lauer, Recueil des actes de Charles III, Paris, 1940, p. 82-83).


Le siège de Melun selon Fouquet (v. 1460) illustrant la Chronique de Robert le Pieux. Paris, B.N.F.

LES CAPÉTIENS.

991, avant le 14 ou 15 septembre : date du siège de Melun par le roi selon Richer (voir discussion sur le siège de Melun à la fin du Xè siècle); la ville avait été prise par la ruse par Eudes, comte de Blois, qui ambitionnait, par une manoeuvre d’encerclement du domaine royal franc (autour de Paris), de détrôner Hugues Capet, roi de France depuis 987, fondateur de la dynastie des Capétiens ayant remplacée celle des Carolingiens.

991, 14 ou 15 septembre : diplôme Hugues Capet et Robert le Pieux en faveur de l’abbaye de Saint-Père de Melun (Melun. Une île, une ville..., 2006, p. 244, n. 44).

999 : mort de l’archevêque de Sens Seguin ou Sevin, qui avait relevé l’abbaye de Saint-Père de Melun et y avait installé des moines en plaçant à leur tête l’abbé Gautier (Chronique d’Odorannus de Sens; Miracles de saint Liesne, cf. Paulette Lhermitte Leclercq in Art et architecture..., 2000).

1007 : mort de Bourchard, comte de Melun (Bourel de la Roncière 1892).

(à suivre)



Conférences "D'histoire & d'@rt".
Peintres et mécènes en Brie au XVIIè siècle


Cycle de 9 conférences sur l'art de peindre dans notre région au temps de Louis XIII et du Roi-soleil (avec des ouvrages de l'École de Fontainebleau, Simon Vouet, Jean Senelle, Le Brun, Philippe de Champaigne, Jacques de Létin, Jacques Stella, Pierre Mignard, le Frère Luc)...
I. Introduction : les voies de la création.
Y-at-il un foyer briard? Pourquoi tant de peintures dans la région, à cette époque?

Définir les champs, le lieu et le temps.
II. Fontainebleau, demeure royale, le décor du château et le foyer bellifontain au XVIIè siècle.

La suite des Dubois et Fréminet. Fontainebleau et Paris.
Henri IV, un des monarques ayant le plus contribué à la splendeur de ce palais, a fait appel à plusieurs artistes renommés (en particulier Martin Fréminet et Ambroise Dubois) qui ont fait souche, pourvoyant ainsi, notamment, é l’entretien des décors. On peut évoquer la vie du petit foyer ainsi créé, sans négliger les autres entreprises du siècle, celles de Vouet, d'Errard - celle-ci réputée la plus éclatante au siècle suivant - ou d’autres artistes pouvant intervenir ponctuellement sur le site.
III. Meaux, ville épiscopale.
L'évêché et la cathédrale. Peinture en pays meldois.

L’autre pôle attractif de la Brie, celui, religieux, de l’évêché de Meaux. Si notre siècle se conclue sur une des grandes figures ecclésiastiques françaises, Bossuet, la plus brillante sur le plan du mécénat artistique (par ailleurs également importante sur celui spirituel) est assurément Dominique Séguier, frère du chancelier. Il a donné l’impulsion au clergé local qui a abondamment fait appel aux services de Jean Senelle, mais aussi, entre autres, d’un Jacques Stella
IV. Les "maisons des champs".
Formes et fonctions des décors des résidences "secondaires".

Le XVIIè siècle voit le déploiement alentour de Paris des ’maisons des champs’, châteaux de plaisance destinés au délassement mais aussi à la représentation pour les personnalités politiques parisiennes, en particulier durant la régence d’Anne d’Autriche, cadre d’une explosion des ambitions. L’exemple de Vaux est célèbre - il fera l’objet du cours suivant - mais il n’est pas le seul. Chessy, Pamphou, Petit-Bourg, Chantemesle, Le Chemin/Guermantes, Fresnes, Sucy, sont des demeures oû ont travaillés Simon Vouet, Claude Vignon, Noël Quillerier, Charles Le Brun, les Blanchard, François Perrier...
V. Le cas de Vaux.

Dans un cycle consacré aux peintres et mécènes en Brie au XVIIè siècle, Vaux-le-Vicomte et son décor étaient incontournables. S’y déploie l’art comme expérience totale (architecture, décors, jardins, jeux d’eau...), mais quel rôle y tient la peinture et son entrepreneur, Charles Le Brun?
VI. Grands seigneurs et "noblesse seconde" de la Brie.
Formes peintes des résidences "premières".

Après l’étude des "maisons des champs" (dont la plus célèbre d’entre elles, Vaux, plus particulièrement), lieux de délassement des personnages de robe ou de finances mêlés aux affaires politiques de la capitale, ce sera au tour de la frange traditionnelle de la noblesse, celle d’épée et son complément (la noblesse "seconde") d’être abordée. Exemples typiques d’un lien plus fort à la terre de Brie en raison de leur statut social (ainsi des Brichanteau à Nangis, ou des seigneurs d’étoges) ou d’une retraite choisie (madame de Longueville à Coulommiers)... ou imposée par l’exil; cas particuliers d’un Charles de Valois, bâtard d’Henri IV, à Grosbois, ou d’Arnauld de Pomponne...
VII. La peinture religieuse : les choix "réguliers".
Augustins, Capucins, Récollets, Cordeliers...

L’ordre a manifestement fait de l’art d’un des vecteurs essentiels de la propagation de la Foi, et la fait en l’imprégnant de préoccupations propres. En Brie, Jacques Stella (pour ce qui demeure une oeuvre testamentaire dont un détail sert à la présentation de ces conférences), Rémy Vuibert et l’incontournable Frère Luc ont été leur principaux interlocuteurs, ce qui peut donner une idée de la qualité de leur choix, puisqu’il s’agit d’artistes importants de l’époque.
VIII. La peinture religieuse : au cœur du "Siècle".

Après les franciscains, d’autres couvents font appel aux pinceaux artistes (de Simon Vouet, Philippe de Champaigne, Jacques Stella, entre autres). De même, les autres édifices religieux, collégiales, paroissiales, s’ils ont des ambitions plus modestes, ne sont pas en reste. Ce qui concerne Lagny, Chaumes, Blandy, Meaux, Melun, Villiers-Saint-Georges, Bazoches-lès-Bray, Couilly-Pont-aux-Dames, Sézanne, Gandelu, Montereau...
IX. Conclusion : la "palette briarde".
Du goût - ou des goûts - en Brie au XVIIè siècle. Éléments de cartographie évolutive, selon les genres et les styles.

Pour tout renseignement :
Sylvain KERSPERN
Le Clos Bontemps
26 rue de Vaux F-77000 MELUN
Tél. : 01 64 52 29 61 - 06 83 24 95 88
Courriels : dhistoire_et_dart@yahoo.fr - sylvainkerspern@hotmail.fr.
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