Sylvain Kerspern - dhistoire-et-dart.com
JACQUES STELLA, CATALOGUE
À Paris au temps de Louis XIII (1636-1643)


Sommaire de la rubrique Stella - du Catalogue de Jacques - Table générale

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Début de mise en ligne : mai 2016 - dernière mise à jour : août 2016
À Paris au temps de Louis XIII, 1636-1643 : préambule.
Le texte de Félibien, sans doute en partie soufflé par les Bouzonnet, fait de l'installation à Paris le cadre d'une reconnaissance immédiate. Il faut avouer que les oeuvres qui pourraient en témoigner ne sont pas si nombreuses : pour tant de supposées commandes de Richelieu ou du roi, pour les châteaux de Madrid ou de Brissac, n'ont encore été retrouvées qu'une peinture pour le cardinal, et deux pour Louis XIII, à Saint-Germain.

Stella se retrouve à nouveau impliqué dans des travaux d'édition. Les gravures de l'inconstant Jean Picart servent de prélude aux sommets réalisés dans le cadre de l'Imprimerie royale, voulue par Richelieu et concrétisée par Sublet des Noyers. Il est le principal illustrateur de la nouvelle institution, Vouet ne fournissant, une fois pour toutes, qu'un dessin.

Comme il l'avait fait à Rome, il traite cet exercice en peintre, abolissant le classique schéma triomphal pour composer en un tableau une histoire en relation avec le corps du texte. Pour mineures qu'elles puissent paraître, on ne négligera pas plus ici les vignettes conçues pour en ponctuer les ouvrages, ouvrir ou clore leurs chapitres. Stella doit aussi travailler à Lyon en 1639, où Poussin nous apprend qu'il séjourne au printemps, et au château royal de Saint-Germain, comme son frère, dont des peintures, malheureusement perdues, sont documentées pour 1639-1640.

Les dernières années du ministère de Richelieu sont marquées par une sorte de fièvre concernant les arts, avec le développement de la production de l'Imprimerie royale et les entreprises induites par l'arrivée de Nicolas Poussin, appelé par Louis XIII. Sublet des Noyers en fut l'aiguillon, et Stella figure parmi ses protégés.

La rivalité qu'on lui propose alors avec Vouet et Poussin, aussi bien dans cette nouvelle institution qu'à Saint-Germain ou au Noviciat des Jésuites, est l'occasion d'approfondir sa singularité, et de s'affirmer comme une alternative attrayante et efficace auprès d'artistes plus jeunes, comme Champaigne, La Hyre, Le Sueur, Le Brun ou Errard, par un art distingué et monumental autant que familier et raffiné. À ce titre, il apparaît bien comme l'initiateur de l'atticisme qui s'épanouira au temps de la Régence.


Sylvain Kerspern, Melun, mai 2016


Oeuvres datées de 1636-1638. Oeuvres datables de 1636-1638.
Oeuvres datées de 1639-1640 Oeuvres datables de 1639-1640

Oeuvres datées de 1641.
Oeuvres datées de 1642-3
Vignettes pour l'Imprimerie Royale, 1639-1644 Oeuvres datables de 1641-1643
Pour accéder aux notices, cliquez sur les images.
MENTIONS ANCIENNES

FÉLIBIEN/MARIETTE

* « Il vint à Paris, où il n’avoit pas dessein de demeurer : néanmoins Mre Jean-François de Gondy, alors Archevêque de Paris, lui ayant donné de l’emploi... »
Nul ne sait, avec assurance, à quoi correspond cette mention d'une commande de l'archevêque de Paris, même si une oeuvre non datée en sera ultérieurement rapprochée, à titre d'hypothèse.
* « Il eut l’honneur d’être des premiers à faire le portrait de Monseigneur le Dauphin. »
Il se peut que ce tableau corresponde au Portrait de Louis XIIII enfant (toile; 2 pieds et demi sur près de 2 - env. 75 x 60 cm), figurant encore dans la collection de Claudine (n27 de son inventaire). L'un et l'autre restent à retrouver.
* « Il fit par l’ordre du Roi plusieurs grands tableaux qui furent envoyés à Madrid & à Brissac.
Félibien, historiographe des maisons du roi, ne semble pas une source contestable. Pourtant, on ignore tout de ces grands tableaux. Madrid correspond-il au château du Bois de Boulogne? Ou y-a-t-il confusion avec les envois diplomatiques d'oeuvres d'art, dans les années 1650, à la cour d'Espagne, dont le Repos pendant la fuite en Égypte du Prado, de 1652, pourrait avoir fait partie? Ce qu'il fit pour Brissac n'est pas moins mystérieux. S'agit-il du château de Brissac en Val-de-Loire? Il n'appartenait pas à la couronne...
En revanche, il ne dit rien de ses travaux à Saint-Germain, pour lesquels on conserve deux tableaux et des mentions d'archives le concernant ainsi que son frère (voir plus bas). Celles-ci figurent parmi les traces qui laissent un maigre espoir pour reconstituer quelque jour le style du cadet des Stella.
* « Le Cardinal lui en fit faire aussi quantité (de tableaux), tant pour sa maison de Paris, que pour celle de Richelieu.
Le style de Stella, tour à tour grave et mesuré ou délicat et précieux, avait tout pour plaire au Cardinal. Il lui donne d'ailleurs la place d'honneur dans le cabinet du Roi de son château du Poitou; mais on s'explique mal qu'à ce jour, ce soit la seule contribution connue de notre artiste aux décors des maisons de Richelieu. Les inventaires du ministre n'ont encore été d'aucun secours. Se peut-il que ses contributions au Palais devenu royal par le don du cardinal au roi, notamment à l'oratoire de la reine, y aient été généreusement rattaché?
Cette lacune persistante, comme celle de sa production pour Louis XIII, a certainement contribué au progressif effacement du peintre du panthéon des artistes français.

ARCHIVES

* Travaux à Saint-Germain
- 1639, paiement « À François Stella, peintre ordinaire du roi, la somme de 1200 livres pour avoir peint et doré tous les lambris du petit oratoire de la Reine dans le vieux château et y avoir fait dix tableaux représentant les principales actions de la Vierge, suivant le prix verbalement fait avec lui »(Auguste Jal, Dictionnaire critique de biographie et d’histoire, 1867, p. 1150; cat. expo. Lyon-Toulouse, 2006, p. 46).
- 5 mars 1640 : reçu signé Bertrand pour la somme de 750 livres « payée audit Bertrand par mon oncle, M. Stella, pour tous les ouvrages fait par ledit Bertrand en l’oratoire de la reine au château de Saint-Germain-en-Laye » (Testament, Guiffrey 1877, p. 97; cat. expo. Lyon-Toulouse, 2006, p. 46)
Il ne fait pas de doute que Jacques ait travaillé à Saint-Germain, au château-vieux et pour sa chapelle, pour laquelle il a peint les tableaux de Rouen et de Bazas. Pour autant la mise en regard de ces deux mentions de 1639 et 1640 pourrait bien suggérer qu'elles ne le concernent pas lui mais son frère François - l'oncle n'étant pas précisé par Claudine. Jean Bertrand, habitué des chantiers royaux, ne semble pas avoir été un confrère commode, selon les documents concernant sa contribution à Fontainebleau. Jacques conservait-il ce document pour se prémunir d'une action de sa part, qu'elle le concerne lui ou son frère, dont il faut rappeler qu'il est mort des suites d'un malaise lors d'un procès? De nouvelles archives nous en diront peut-tre plus un jour.
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