Dernière retouche le 10 août 2009
INITIATION À LA LECTURE DES UVRES DART
Lart sans spectateur, sans regard sensible et véritable, voit saccélérer sa tendance naturelle à disparaître. Car lhistoire de lart, comme lhistoire, a quelque chose dune course contre la montre, contre la mort.
Et propose une leçon de vie.
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Ce cycle propose des clés pour la lecture des uvres dart - essentiellement, dois-je préciser, lart occidental. Cela suppose une définition de son objet - lart - et la mise en uvre dune discipline à cerner - lhistoire de lart. Ce sera lobjet du premier cours introductif.
I. DÉFINIR LHISTOIRE DE LART
Histoire de lart : lexpression qui caractérise la discipline en jeu dans ces lignes se composent de deux termes qui semblent dévidence, et pourtant définir lun et lautre ne va pas sans mal. Quant à les réunir...
Commençons par lhistoire : étalement dans le temps que la discipline historique scande en grandes périodes caractérisées.
Premier constat : le déroulement chronologique porte en lui-même un sens, du passé vers le présent. Je lappellerai évolution, dans son sens le plus neutre et pour éviter à tout prix lidée mal commode de progrès, très connotée et suggérant un jugement de valeurs
(lart daujourdhui constitue-t-il un progrès par rapport à celui du XIXè siècle, lui-même par rapport à celui du XVIIè siècle, etc.).
Peut-on vraiment comparer Picasso à Degas, la Sixtine aux Heures de Jeanne dEvreux, et le tout à Lascaux, de cette façon?
Le regard porté sur lhistoire suit un sens inverse. Autrement dit, le point de vue de lhistorien de lart est nécessairement dans le futur par rapport au moment créateur de luvre dart. Cette approche rétrospective, pour garder sa neutralité, doit sefforcer de mettre entre parenthèses son propre présent - quil ne doit surtout pas considérer comme un aboutissement - ni la Renaissance comme le triomphe sur les ténèbres médiévales...
Dès lors, cest luvre dart qui commande,
- en tant quelle-même, objet isolé,
- en tant quelle participe de différents cadres ou contextes (un monument, un lieu, une époque, un style, un thème...).
Elle est au centre de la discipline et elle seule peut valider lapproche qui en est faite.
Nous arrivons donc à luvre dart, objet de cette discipline que lon appelle lhistoire de lart - non histoire des arts (qui comprendrait également la musique, le théatre, par exemple). Art plastique, art du dessin, si lon veut.
Comment la définir?
On peut la caractériser ainsi : cest un moyen dexpression, porteur de signification(s) produit unique de main dhomme, porteur de valeurs faisant appel à la sensibilité (ou valeurs esthétiques). Ces valeurs sont changeantes (affaire de goût) - dans une même époque et au gré de lhistoire.
Le cas des peintres Précieux (Vignon, Brebiette, Senelle, Deruet...) prolongeant lesthétique maniériste dans un mépris de la règle en plein XVIIè siècle est instructif. On voit ainsi un Senelle proposer un projet sage, au coloris chaud et plutôt clair (coll. part.), pour une Adoration des mages, quil transforme dans le retable quil en tire, en 1636 (Meaux, cathédrale), au gré de sa fougue et de son goût lorrain (voir ci-dessous).
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 Jean Senelle, Adoration des mages. Coll. part.
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 Jean Senelle, Adoration des mages, 1636. Meaux, cathédrale (détail au format du bozzetto).
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Cest quil fait de sa facture le prix de son art, plus encore que lidée ou la composition. De même est-il tentant de juger le traitement des anatomies ou du canon imparfait, marqués que nous sommes de plusieurs siècles de préjugés issus de lAcadémie. Or, il faut le répéter, la règle nétait rien face à la fantaisie de lartiste et à sa capacité de faire croire à linvraisemblable - tel Vignon, employant le langage supposé naturaliste de Caravage pour martyriser plastiquement saint Mathieu...
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 Claude Vignon, Martyre de saint Mathieu, 1617. Arras, Musée des Beaux-Arts. |
Annick Notter, alors conservateur au Musté dArras, ma rapporté que le service éducatif du musée avait, idée géniale, conçu une boîte dans laquelle les enfants qui le voulaient devaient essayer de reproduire la pose du saint, évidemment impossible.
Notez aussi la tournure du poignet du bourreau, interdisant toute force dans son geste pourtant brutal...
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On peut donc présenter lhistoire de lart comme évalutation des uvres dart suivant lépoque - ce qui suppose une connaissance certaine de lépoque, un bagage historique sûr, et aussi une approche spécifique de luvre dart.
Car luvre dart, si elle reflète dune certaine façon les caractéristiques dune époque, est avant tout une production précise que lhistoire de lart sefforce de rapporter à quelquun, personne réelle - un artiste - ou morale - un style, une époque, un lieu.
Que veut dire alors évalutation? Pas nécessairement le développement dune hiérarchie dans laquelle luvre étudiée prendrait place - et qui serait sans cesse bousculée ...
- Il nest que de rappeler la longue éclipse de fortune de Georges de La Tour, aujourdhui au pinacle -
... mais plutôt en dégager lintérêt. En fonction de la terminologie de la discipline, on peut en supposer deux aspects :
- lun historique, élément dune culture dont il est typique;
- lautre artistique, comme porteur dune originalité, qui la caractérise.
Prenons le cas de Nicolas de Staël : ses peintures, abstraites ou non, peuvent être considérées comme :
- les reflets dune culture qui sinterroge sur lhomme et ses motivations conscientes ou non (à lépoque du développement de la psychanalyse, de lethnologie, devant leffroi des camps de concentration ou de la bombe atomique...);
- les éléments dun parcours personnel, dune réflexion et dune action propre autour de la notion de création - autant dire une véritable réflexion sur son art.
Lun et lautre sont constitutifs de son style. Dans son évolution de la figuration à labstraction et retour,
- sa phase abstraite apparaît comme le laboratoire nécessaire de sa sensibilité, une quête de sa maîtrise;
Calme
- et la résurgence du monde sensible comme le moyen de lui donner corps en la communiquant, en se servant de référents. Voire en se confrontant à lhistoire de lart.
Footballeurs, Paysage, Nature morte, Nu...
Produit unique : le fait est important et peut éclairer lévaluation à faire, plus comme une classification que comme une distinction hierarchisée. Ainsi la création humaine peut-elle être envisagée selon langle unique-multiple.
Le dessin en semble en effet le tronc commun, reflet de l idée originelle. La peinture en découle directement, mais nempêche pas la répétition (réplique autographe, ricordo...). La sculpture sen éloigne un peu, puisquelle peut entraîner la fonte en bronze. La gravure suppose déjà le multiple, dans le tirage, et dans sa fonction reproductive; mais garde le lien direct avec le dessin dans le travail du cuivre à transcrire une invention (celle dun peintre-graveur. Ce qui le distingue fondamentalement de la photographie, doù le geste, élément central de la création artistique, est quasi-absent...
Il ne sagit pas, je le répète, de proposer une hiérarchie des différentes disciplines de la création humaine mais de suivre avec rigueur une tentative de définition de lart. Il semble naturel de considérer lart comme une création, un acte déterminé, un processus dans lequel le temps a son rôle à jouer plus que comme une chambre denregistrement.
Cette unicité fait la valeur de luvre dart (voire son prix...), son originalité - et la difficulté éventuelle den restituer toute la signification originelle : programme à suivre, expérience plastique du créateur face à une demande précise (ou non), processus de réalisation, place dans le cheminement de lartiste... Dautant que le premier cercle constitué de ce dernier et de son destinataire immédiat laisse rapidement place à une audience plus vaste, aux intérêts et au(x) goût(s) plus ou moins différents. Cest lambition de lhistoire de lart que de chercher à désigner toute la portée dune uvre dart. Aussi bien peut-on laisser passer une part de notre sensibilité contemporaine, dès lors quelle est un chemin vers luvre. Cest en vertu de cette communicabilité des uvres, foncière dès lors quon se donne la peine de les contempler, que ces cours sont proposés, et avec eux le principe dune analyse directe, hors de tout discours préétabli.
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II. RECONNAÎTRE
Le premier cours a posé comme nécessaire à lhistoire de lart la communicabilité de loeuvre dart. À vrai dire, cest une évidence. Sans cela pas de discipline scientifique attachée à la compréhension de lart. Vous pouvez éteindre fermer la fenêtre... Non attendez!
Ce qui pourrait passer pour une lapalissade amène à prendre en compte un élément qui semble bien avoir valeur universelle tiré de lantique définition de lart comme imitation, due à Aristote (Poétique) : le plaisir de la reconnaissance. Cest parce que quelque chose se trouve reconnu dans loeuvre dart quen effet elle nous procure une émotion, un plaisir. Cette dimension va jusquà concerner lart abstrait en ce quil fait appel à la sensibilité dans son utilisation la plus libre. Cest évidemment le premier travail de lhistorien de lart que cette reconnaissance, dailleurs double : retrouvailles dabord, puis exploration.
A. ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS DUNE OEUVRE DART.
Vous voici face à une oeuvre. Pour en parler, il faut un vocabulaire,
- et savoir lappliquer, pour décrire, pour interprêter.
La première étape dans lapproche dune oeuvre dart est donc la reconnaissance,
soit la confrontation dun savoir acquis et dune oeuvre nouvelle.
Ce vocabulaire servira à désigner :
la technique (la forme);
liconographie (le fond).
Les éléments techniques feront lobjet dun autre cours sur les principes danalyses de loeuvre dart. Cela concerne aussi bien les différentes techniques artistiques (peinture, sculpture, dessin...) que des considérations sur le format, la composition et les formes géométriques, le rôle du dessin et de la couleur, le style, etc. La suite, ici, aborde laspect significatif de la forme, le problème du sujet.
B. ICONOGRAPHIE, ABSTRACTION, DÉCORATION, FIGURATION.
Liconographie, suivant les définitions les plus courantes, traite des représentations figurées, de ce qui est re-présenté par les figures (géométriques ou autres); autrement dit, dun fond reconnaissable dabord par sa forme.
Le terme figurées supposerait quen effet elle se limite à lart figuratif. Ce nest pas si simple.
Lart abstrait, lexemple de Nicolas de Staël déjà vu le montre, ne nie pas la reconnaissance, il la place sur le plan élémentaire de la création (formes, lignes, couleurs, éventuellement signes).
Il nest pas seulement contemporain mais réapparaît régulièrement dans lhistoire
-et même la préhistoire;
souvent comme réponse à une contestation de limage figuréedans le champs du sacré.
Lart décoratif en semble très voisin, pris comme un art de lornement pur.
Cela ne lempêche pas dêtre fonctionnel, comme agrément, comme élément de réception, ni dêtre reconnaissable par le répertoire ornemental employé, végétal, à lantique, etc. Ainsi de
- lart irlandais du haut Moyen-âge (Livre de Kells);
- la grotesque (Raphaël, loggia du Vatican);
Lart figuratif en ce quil figure le réel, la Nature, quil prend pour référent, est reconnaissable par excellence (en principe à loeil nu), mais lévidence appelle immédiatement un avertissement à propos de la notion de réalisme.
Il sagit là dune notion très relative, de lordre de lesthétique en ce quelle peut comporter un jugement de valeur.
Je préfère parler deffet de réalisme (par rapport à ...), et pour lillustrer mappuierai sur le cas de deux artistes :
- Donatello, La Madeleine, Florence, Musée du Duomo;
... de quel réalisme sagit-il? le travail du jeûne, du mépris de soi est suggéré par cette représentation décharnée, ascétique,
renvoie à une réalité psychologique agissant sur le corps,
plus quà la réalité physique de la Madeleine.
- Georges Lallemand, Sainte famille, Rennes, Musée des Beaux-Arts.
Où est le réalisme ici? Dans les types physiques peu idéalisés des personnages?
Ils ne sont rien de propres à cette peinture, et on pourrait les retrouver ailleurs dans la production de Lallemant.
Non, cest dans le chapeau que se niche un effet de réalisme, de couleur locale : il sagit dune coiffe à la gitane, pour évoquer la Sainte famille réfugiée en Égypte, pays alors supposé dorigine de ce peuple (gitane ou gypsy en anglais viennent dégyptien-ne...).
Sil faut chercher un terme efficace sur cet art qui nest ni décoratif, ni abstrait, celui de vraisemblable est celui qui résume bien son ambition.
Ce qui semble vrai : voilà qui permet dinsister non sur la ressemblance mais sur leffet recherché, et sur les chemins pour y parvenir.
Quelles sont les formes du vraisemblable?
C. FORMES DU VRAISEMBLABLE : LA NOTION DE GENRE.
La notion de genre en art, dont la hierarchie en France a été codifiée au XVIIè siècle au sein de lAcadémie Royale de Peinture et de Sculpture (et notamment diffusée par la plume de Félibien), prend en compte cette définition.
Elle pose comme nécessaire le principe dimitation mais ninsiste pas plus sur la ressemblance et met même en garde contre elle.
Je mexplique, en légrénant :
- au bas de léchelle par sa très forte soumission au spectacle de la réalité, la Nature morte;
les Anglo-Saxons parlent de vie arrêtée ou silencieuse (still-life), ce qui peut occulter la couleur morale qui sy attache;
les fleurs, fruits, livres et autres objets ainsi montrés insistent le plus souvent sur la vanité des choses matérielles (et des occupations qui sy rattachent), leur caractère transitoire ou périssable au regard de lÉternel, associant vie et mort;
la question de la création affleure, et dès lors que la religion se fait moins présente, sempare de larrangement de formes souvent simples que cela suppose;
ex. : le Caravage, Nature morte, Ambrosiana, Milan;
- vient ensuite le Paysage;
il accompagne une histoire (à peu près le seul cas justifie son emploi en sculpture), et ne se développe véritablement comme genre indépendant évacuant lhomme, quau XIXè siècle;
il peut sagir dun site existant (Pissaro, Effet de neige à Éragny, Paris, musée dOrsay) ou imaginaire - donc composé à partir de croquis pris sur le motif
(Poussin étant peut-être lexemple le plus évident à donner)
Au demeurant, cest un genre qui se pratique en atelier jusquau XIXè siècle (croquis sur nature, révision voire composition en atelier).
Ce sont les impressionnistes (parmi lesquels Pissaro, donc) qui ont pratiqué le paysage peint sur le motif les premiers.
Autrement dit, historiquement, le paysage est essentiellement un genre composé.
Cette composition reflète une correspondance avec lhistoire, le portrait, un état dâme...
Cela suppose un rapport au monde défini dans lequel se retrouvent des préoccupations voisines de la Nature morte (ex. : la peinture de ruines).
- puis le Portrait;
soyons précis : il sagit de la représentation dune (ou de plusieurs) personne(s) identifiable(s) par les traits physiques;
pourtraireen vieux français, trait pour trait...
Donc à ne pas confondre, avec la simple représentation dun visage.
Une Vierge nest pas un portrait et nest identifiable que par ses attributs (vêtements, auréole, Christ, Joseph, Anne...).
Ainsi, dans la Pala de Montefeltro de Piero della Francesca, le seul portrait apparaissant est celui du donateur agenouillé, dont les traits sont dailleurs connus par une effigie réalisée par le même artiste.
Cas limite : le portrait imaginaire sappuyant sur une approche le plus souvent psychologique (Démocrite et Héraclite par exemple) mais à la vérité, on ne devrait pas parler de portrait.
Cas paradoxal : le fameux portrait de Rodolphe II par Arcimboldo. Mais incontestable - et le portrait physique, reconnaissable par ses traits, se double de celui intellectuel, avec lallusion aux préoccupations du modèle. Encore faut-il rappeler quil sagit dun portrait à distance, réalisé par lartiste après avoir quitté son mécène...
Les formes en sont multiples (tête, buste - jusquà la naissance de lépaule -, mi-corps, en pied, équestre, gisant, agenouillé...) de même que le point de vue.
Les usages et significations en sont diverses; ainsi, le profil appelle invinciblement lexemple de la médaille, sa capacité à évoquer la gloire, et dans le cas, toujours, du duc de Montefeltro, arrange qui plus est une physionomie dont lun des côtés était disgrâcieux...;
Quelques remarques encore :
- lévolution, au cours du quinzième siècle qui voit le cadrage des effigies sélargir jusquà mi-corps, introduisant les mains (cf. notamment Léonard, encore) correspond à une affirmation de lindividu dans lhistoire, insistant sur son action et sa psychologie (non plus la lignée ou la tête);
- le genre suppose trois intervenants :
* le commanditaire;
* le modèle;
* lartiste
...qui peuvent nêtre quune seule personne dans le cas dun autoportrait (que lartiste, tel ici le Parmesan, conserve, bien sûr).
Le portrait suppose une imitation directe de la nature, mais sintéresse à lhomme; ce sont ses actions qui forment le sommet de la hiérarchie, encore celles-ci peuvent-elles être variées :
- la scène de genre;
linscription dans le quotidien de ces actions, tirées de la rue, de pièces morales, proverbes ou du théatre populaire, leur confère un caractère peu noble;
doù le mépris (issu dune méprise pour peu quon en approfondisse le sens) de Félibien pour les oeuvres des Le Nain (Antoine, Joueurs de cartes, Louvre), qui en empruntant à la réalité, lui conféraient une grandeur dans la simplicité - quils appliquaient dailleurs également aux scènes sacrées ou historiques.
- les sujets dhistoire;
nous voilà au sommet de la hiérarchie, subdivisé encore en plusieurs sous-genres;
on ne sétonnera pas du classement par la société dAncien Régime qui suit :
- au sommet, lhistoire sacrée (et le Nouveau plus encore que lAncien Testament);
- ensuite, lallégorie; personnification de notions abstraites, voile souvent posé sur laction politique; ainsi lAllégorie de la richesse de Vouet nest pas un appel déjà libéral mais la démonstration que le règne de Louis XIII apporte richesses matérielles, spirituelles et intellectuelles;
- sur un plan voisin,
lhistoire ancienne ou contemporaine, la première pouvant être un modèle se substituant allégoriquement à la seconde (voir le cas des tableaux de Licherie pour Vitry)...;
la Fable, la mythologie et toutes les traditions sacrées à lexception de celle judéo-chrétienne (mais on aura compris quil sagit avant tout de celle gréco-romaine; ex. : Botticelli, La naissance de Vénus, Florence, Offices);
lhistoire littéraire (la Jérusalem délivrée du Tasse, par exemple, a connu une énorme fortune artistique, en particulier au XVIIè siècle; ex. : Charles Errard, Renaud abandonnant Armide, Bouxwiller, musée);
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 Louis Licherie, Cyrus enfant confié par Harpage au bouvier Mitradatès. Dessin, Paris, Ensba
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Louis Licherie, Cyrus enfant confié par Harpage au bouvier Mitradatès. Huile sur toile, 220 x 175 cm. Villemomble, Hôtel de Ville |
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CONCLUSION.
Voici donc posé un cadre général à la reconnaissance en histoire de lart. Bien sûr, il nest pas toujours facile de faire rentrer telle oeuvre dans telle case, et certaines des grandes oeuvres de lart sabreuvent à différentes sources, brouillant les cartes. Déjà nous avons vu que certains sujets pouvaient prendre un tour allégorique pour évoquer le présent.
On peut aussi mentionner le mélange opéré sur le même plan et avec les mêmes ingrédients par Rubens pour sa galerie consacrée à lhistoire de Marie de Médicis, aujourdhui au Louvre.
Enfin les désirs dartistes ne sont pas nécessairement les demandes de la société, ou dune de ses composantes. Le dix-septième siècle est parcouru des réclamations auprès de la royauté de la noblesse traditionnelle (par opposition à celle récente élevée au bénéfice des offices de la magistrature ou de la finance), en faveur des galeries dhommes illustres, préférables à leur yeux à la Fable. Histoire de rappeler lorganisation par le lignage de la société. Si elle concède encore une participation de lallégorie, la Galerie des Glaces où le roi a demandé à Le Brun de mettre en scène son action de façon assez explicite, en est une conséquence.
Ce qui revient à rappeler que jusquau XIXè siècle, la commande prime. Au destinataire, en premier, le plaisir de la reconnaissance. Au demeurant, cette approche na ici rien duniversel, puisquelle sappuie sur lart occidental. Néanmoins elle ouvre des voies à cette reconnaissance, quitte à les réviser ou à les transposer aux abords dautres champs...
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Le tutorat Dhistoire & d@rt vous propose des informations et un accompagnement pour votre analyse des chefs-doeuvre de lart.
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* Chaque fiche Tutorat comprend :
- une reproduction de loeuvre, son ou ses adresse(s) internet (toutes ne se valent pas...);
- des informations (bibliographie, notes sur les conditions dexistence, et, selon les cas, éléments de comparaison, définitions, problématiques, détails significatifs, etc.) aidant à sa compréhension.
Lanalyse des projets de Ghiberti et Brunelleschi mise en ligne donne une idée de ce sur quoi peut déboucher la fiche servant dexemple. Elle est assurément plus complète et complexe que ce qui peut être demandé dans le premier cycle universitaire, nayez crainte, mais son aspect formel, au moins, est évidemment incontournable. Par ailleurs, suivre mes conseils peut vous éviter des écueils facilement....
La demande peut en être faite au détail avec un minimum de 5 ou par ensembles constitués autour des problématiques particulières qui suivent.
5 fiches 10 euro: 1,50 euro par fiche supplémentaire.
15 euro par problématique (comprenant 10 fiches, voir ci-dessous) ou ensemble de 10 fiches à préciser.
* Accompagnement :
Évaluation de votre analyse : 15 euro
Disponibilité Internet : la demie-journée, 20 euro.
(Tarifs applicables par Internet; supplément à prévoir par la poste)
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Liste des fiches disponibles (au 21/08/08)
- Altichiero, Décapitation de saint Georges (Padoue, oratoire saint Georges)
- Arcimboldo (Giuseppe), Portrait de Rodolphe II en Vertumne (château de Skokloster)
- Beccafumi, Moïse brisant les tables de la Loi (Pise, Duomo)
- Bronzino, Portrait dÉléonore de Tolède (Florence, Offices)
- Campin (Robert, ou Maître de Flémalle), Lannonciation, ou Triptyque de Mérode (New York, Cloisters)
- Cimabue, Maestà ou Madone di Santa Trinità (Offices)
- Corrège (Correggio), Vision de saint Jean à Patmos (Parme, coupole San Giovanni Evangelista)
- Crivelli, Lannonciation, 1486 (Londres National Gallery).
- Donatello, Le festin dHérode (Sienne, Baptistère) - Portrait de Gattamellata (Sienne)
- Duccio, Maestà ou Madone Rucellai (Offices)
- Dürer, Autoportraits (versions du Louvre, du Prado et de Munich, Alte Pinakothek)
- Eyck (Jean van), Double portrait dit les époux Arnolfini (Londres, National Gallery) - La Vierge du chancelier Rolin (Louvre) - Retable de lagneau mystique (Gand, église Saint-Bavon)
- Fouquet (Jean), Le dyptique de Melun (Musées dAnvers, de Berlin et du Louvre)
- Francesca (Piero della), Pala ou Retable de Brera, Milan, Brera
- Ghiberti (Lorenzo), Porte Est (ou du Paradis) du Baptistère, dont Lhistoire de Jacob et Esaü (Florence).
- Giotto, Fresques de la chapelle Scrovegni à Padoue, Santa Maria della Carità, dont Déploration du Christ mort - Fresques de la vie de Saint François à Assise (Basilique); Prédication devant Honoré III - Maestà ou Madone dOgnissanti (Offices).
- Goes (Hugo van der), Triptyque Portinari (Florence, Offices)
- Lorenzetti (Ambrogio), fresques du Palais Public de Sienne, dont Le Bon Gouvernement et ses effets dans la ville et la campagne - Lannonciation (Sienne, Pinacothèque).
- Mantegna, La camera degli spozi (chambre des époux) (Mantoue, Palais Ducal)
- Martini (Simone), Lannonciation, 1333 (Florence, Offices) - Retable de saint Louis de Toulouse, 1317, (Naples, Capodimonte).
- Masaccio, La Trinité (Florence, Santa Maria Novella)
- Michel-Ange (Michelangelo), David (Florence, Academia) - La Pietà (Vatican, 1498) - Tondo Doni (Florence, Offices) - Voûte de la Chapelle Sixtine (Vatican)
- Le Parmesan (Parmigianino), Autoportrait au miroir convexe (Vienne, Kunsthistorisches Museum) - Conversion de saint Paul (Vienne, Kunsthistorisches Museum)
- Pontormo, Déposition de croix (Florence, Annunziata)
- Enguerrand Quarton, Le couronnement de la Vierge (Villeneuve-lès-Avignon)
- Raphaël (Raffaello), décor de la chambre de la Signature (Lécole dAthènes, La dispute du saint Sacrement, Le Parnasse...) (Vatican) - La transfiguration (Vatican)
- Romano (Giulio), décor peint du Palais du Té dont La chute des géants (Mantoue, Palais du Té)
- Rosso, Déposition de croix (Volterra, Pinacoteca) - Galerie François 1er (Fontainebleau, château)
- Titien (Tiziano), Lassomption (Venise, Frari)
- Ucello, La bataille de San Romano (Louvre; Offices; Londres, National Gallery) - Portrait du condottiere John Hawkwood (Giovanni Acuto) (Florence, Santa Maria dei Fiore)
- Vinci (Léonard de )(Leonardo da Vinci), La Vierge aux rochers, 2 versions (Louvre et Londres, National Gallery) - Sainte Anne, la Vierge, lEnfant et saint Jean, 2 versions (Louvre et Londres, National Gallery) - La Joconde (Louvre)
- Weyden (Rogier van der), Descente de croix (Madrid, Prado)
- Witz (Konrad), La pêche miraculeuse (Genève, musée dart et dhistoire)
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Problématiques :
Le Trecento : Altichiero, Cimabue, Giotto, A. Lorenzetti, S. Martini.
- détail
Le XVè siècle au Nord des Alpes : Campin (Maître de Flémalle), Dürer, van Eyck, Foucquet, van der Goes, Quarton, van der Weyden, Witz
- détail
Linvention et les enjeux de la perspective géométrique : Crivelli, Donatello, van Eyck, Piero della Francesca, Fouquet, Ghiberti, Mantegna, Masaccio, Uccello
- détail
Le classicisme de la Haute-Renaissance italienne : Corrège, Dürer, Michel-Ange, Raphaël, Vinci
- détail
Le maniérisme italien : Arcimboldo, Beccafumi, Bronzino, Parmigianino, Pontormo, Rosso
- détail
Le portrait à la Renaissance : Arcimboldo, Bronzino, Donatello, Dürer, Fouquet, Mantegna, Parmigianino, Uccello, van Eyck, Vinci
- détail
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BILAN DE LANNÉE 2005-2006 DE COURS DHISTOIRE & D@RT À MELUN
Avril 2006.
Le 31 mars 2006, un an presque jour pour jour après leur début officiel, ont pris fin les cours dinitiation à lhistoire de lart professés à Melun. Une expérience originale - quoiquil en ait été dit...- basée sur lassociation entre des cours magistraux et lanalyse collective dune oeuvre, pour un cycle total de six séances. Plusieurs thèmes ont été abordés (voir ensuite), clés pour une approche générale de lart ou initiation autour dun thème, dune époque précise - au sein de celle qui court depuis la Renaissance, située vers 1300...
Le bilan est contrasté selon langle dattaque, quantitatif ou qualitatif. Sur le premier point, faute dun appui institutionnel et dun soutien régulier de la presse dans lannonce des différents cours, il était difficile de parvenir à un véritable développement de laudience. Il suffira de dire quaucun cours na été annulé faute de public - un certain nombre de reports ayant été opérés pour les convenances des personnes venant y assister. Seules quatre désaffections sont à signaler, certaines sous leffet de contraintes extérieures, ce qui suggère une fidélité remarquable.
Sur le plan qualitatif, il y a tout lieu dêtre satisfait puisquà aucun moment lanalyse collective na été éludée. Elle constituait le moment-test de la méthode proposée, et a témoigné, au-delà de mes espérances, de la réalité du fondement de ma démarche.
Dautres points de satisfactions sont à relever : deux jeunes élèves qui ont assisté à ces cours y ont trouvé confirmation dune orientation qui se dessinait dans leurs études. Ils ont bénéficié, par la suite, du soutien que Dhistoire & d@rt pouvait leur apporter dans cette aventure nouvelle pour eux.
Néanmoins, les cours melunais ne forment quune des activités de lentreprise Dhistoire & d@rt. Pour la viabilité de cette dernière, il apparaît nécessaire de faire une pause dans ce secteur. Ce nest pas une fin car cela correspond à un véritable besoin de ma part que de communiquer ainsi directement lhistoire de lart. Au demeurant, il sera toujours possible de faire appel ponctuellement à mes services, à limage des étudiants dont il vient dêtre question. Mais le temps pris à préparer les cours, à les organiser et à les professer ne trouve pas encore une juste rémunération.
Il vous appartient, si vous habitez la région, de les faire revivre. Voici la liste des thèmes déjà abordés. Si lun deux vous intéresse, faites-le moi savoir en me donnant vos disponibilités par les liens qui figurent dans le tableau qui suit. Et si vous souhaitez quun autre thème soit abordé, je suis à votre disposition.
COURS PROFESSÉS À MELUN EN 2005-2006
La matière de certains cycles peut être commandée. Les sujets soulignés ont fait lobjet dune analyse collective.
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Initiation générale à l'art et à la lecture des uvres
(pour me signaler que vous souhaiteriez proposer le cycle, cliquer ici)
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1. Introduction (en ligne actuellement).
2. Reconnaître : clé pour l'intimité des uvres (en ligne actuellement).
3. Comparer : thème commun, esquisse et uvre achevée.... Lexemple mis en ligne ici y est résumé et associé à dautres cas.
4. Lire : lexemple du Christ retrouvé par ses parents dans le Temple, par Jacques Stella, 1654 (Provins, église Saint-Ayoul).
5. Analyse collective : la Descente de croix de Rogier van der Weyden.
6. Pour une histoire de lart idéale...
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Approche de la Renaissance, XIVè-XVè siècles. (pour me signaler que vous souhaiteriez proposer le cycle, cliquer ici)
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1. Introduction sur l'art et l'humanisme.
2. Transition ou rupture : les Maestà de Cimabue, Duccio et Giotto.
3. Lémulation entre peinture et sculpture.
4. Linvention de la perspective géométrique;
5. Analyse collective : la Trinité de Masaccio.
6. Espace et format : division, unification, compartiments.
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Aristote, Platon et l'art italien autour de 1500 (pour me signaler que vous souhaiteriez proposer le cycle, cliquer ici)
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1. Introduction : l'art selon Aristote et Platon aux XIVè et XVè siècles.
2. Du côté dAristote, Léonard.
3. Lunivers platonicien de Botticelli.
4. Analyse : Michel-Ange, La Pietà du Vatican (1498) .
5. Platon chez Jules II : Michel-Ange à la Sixtine.
6. Platon chez Jules II, suite : Raphaël à la Signature.
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Maniérisme et École de Fontainebleau (pour me signaler que vous souhaiteriez proposer le cycle, cliquer ici)
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1. Introduction : jeu et enjeux, grammaire et vocabulaire.
2. Deux exemples en détail : la Déposition de croix selon Pontormo et Rosso.
3. Analyse : Le Parmesan, Autoportrait au miroir convexe.
4-5. Rosso à Fontainebleau (1-2) .
6. L'héritage.
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Le XVIIè siècle, l'art et l'éloquence (pour me signaler que vous souhaiteriez proposer le cycle, cliquer ici)
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1. Introduction : réformes et recherches d'éloquence.
2. Rubens, ou léloquence du coloris.
3. Poussin, ou lexpression des Passions.
4. Analyse : Vélasquez, Les ménines (Prado).
5. Le Brun à Vaux, entre art précieux et discours politique.
6. Watteau, poète de lintime.
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Principes d'analyse d'une oeuvre d'art (pour me signaler que vous souhaiteriez proposer le cycle, cliquer ici)
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1. Introduction sur les formes de l'intention.
2. Principes de composition.
3. Question de format.
4. Ligne, espace, couleur .
5. Analyse collective: Jean Foucquet, Le dyptique de Melun.
6. Intentions et formes
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Le XVè siècle, les voies du vraisemblable en Europe. (pour me signaler que vous souhaiteriez proposer le cycle, cliquer ici)
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1. Ghiberti-Brunelleschi, le concours de 1401 pour le baptistère de Florence. Actuellement en ligne ici.
2. La perspective géométrique, pertinence chez Masaccio, Uccello, Crivelli....
3. Un parcours : le thème de l'Annonciation.
4. Le vraisemblable dans le Nord, Campin, Van Eyck, Witz.
5. Analyse collective: Jean Van Eyck, Les époux Arnolfini.
6. Art, vraisemblance et politique au XVè siècle : Uccello, Donatello et Mantegna.
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Merci aux personnes qui mont soutenu et ont assisté à ces cours. Je les tiendrais évidemment informées de leur reprise, ce que, je le sais, elles appellent de leurs voeux.
Sylvain Kerspern, Dhistoire & d@rt
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