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Documents sur

la succession

de Jacques Stella.



Mise en ligne en décembre 2006

Ces documents se placent dans le cadre de la succesion de Jacques Stella, qu’ils éclairent tant soit peu (puisque le testament n’existe plus dans les minutes conservées aux Archives Nationales). Le premier, fruit d’une requête que le beau-frère Étienne Bouzonnet passe en qualité d’exécuteur testamentaire, désigne l’héritière universelle du peintre, sa propre mère qu’il pensait sans doute garante de l’harmonie familiale. Le second mentionne la donation faite à ce titre aux Bouzonnet par Claudine de Masso dès 1657 et enregistrée devant notaire en août 1658 (sans doute en prévision du départ d’Antoine pour Rome), qui concerne des tableaux de Poussin, retrouvée et publiée dans le catalogue de l’exposition Stella (2006, p. 260).


Transport d’Étienne Bouzonnet (11 avril 1660); Arch. Nat., Minutier Central, CXIII, 46
.

Ce document lève un peu le voile sur les origines de Claudine de Masso, confirmant Félibien qui la disait fille d’un notaire de L’arbresle (aujourd’hui dans le Rhône). Il donne le nom de son père, Antoine. L’inventaire de Claudine par devant notaire (A. N., M.C., LXXXVIII, 317, 19 octobre 1697) mentionne la certification de la fondation en date du 8 août 1670).






Ci-dessous, dernière page avec les signatures



XI avril 1660
Furent présents en leurs personnes Estienne Bouzonnet, marchand orfèvre demeurant à Paris rue des Ortyes ès galeries du Louvre paroisse St-Germain-L’Auxerrois, exécuteur du testament et ordonnances de dernière volonté de défunt Jacques Stella, vivant chevalier de l’Ordre de St Michel, peintre ordinaire du roy reçu par de Bierne et de Beaufort notaires au Châtelet de Paris le vingt-huitième jour d’avril XVIc cinquante-sept d’une part;
et révérend père Estienne Girin, prêtre religieux gardien du couvent des Pères Cordeliers de St Bonaventure en la ville de Lyon étant de présent à Paris logé au grand couvent des Cordeliers paroisse St-Cosme tant en son nom que comme se faisant et portant fort de la communauté desdits religieux dudit couvent de St Bonaventure par laquelle capitulairement assemblée il promet faire ratifier et accepter ces présentes et en fournir acte dans deux mois prochains d’autre part;
disant lesdites parties mêmement ledit Bouzonnet que ledit défunt sieur Stella son beau-frère avait donné et légué audit couvent des Cordeliers de Lyon une rente de quatre livres qui lui avait été donnée par Claudine de Masso avec tous les arrérages d’icelle à la charge de dire à perpétuité un service par an pour le repos de son âme et de celles de feu son père et de sa dite mère comme le contient ledit testament, pour satisfaire auquel lesdites parties ont fait ce qui ensuit;
c’est assavoir que ledit Bouzonnet a cédé, quitté, transporté et délaissé par ces présentes dès maintenant et à toujours sans toutefois aucune garantie, recours ni restitution, déduction en quelque sorte et manière que ce soit sinon des faits (?) et promesses dudit défunt sieur Stella audit couvent des Cordeliers de St Bonaventure de ladite ville de Lyon, ledit révérend père gardien ce acceptant lesdites quatre livres tournois de rente rachetables de la somme de quatre-vingt livres à la charge de laquelle entre autres choses feu Isaac Mandaz bourgeois de Labrelle (L’Arbresle) a ci-devant vendu à Claude Michault et Marguerite Du Mas sa femme, couturière dudit lieu de Labrelle, partie d’une maison sise audit Abrelle près l’église St Jean par contrat passé par devant Antoine de Masso, notaire royal audit Labrelle le dix-huitième jour de janvier XVc soixante-cinq, laquelle rente ayant été ci-devant léguée à ladite Claudine de Masso par Magdelaine Bouchet, veuve de Pierre de Masso sa tante par son testament reçu par Fauveyen (?) notaire royal audit Lyon le trentième jour de décembre XVIc vingt-trois, aurait été donnée par icelle Claudine de Masso audit défunt sieur Stella son fils et est à présent due par les mineurs du Creux enfants et héritiers de défunt du Creux qui était sergent à Labrelle et qui en avait fait une reconnaissance sous son sein privé le treizième may XVIc quarante-trois;
et en ce faisant, ledit Bouzonnet a baillé et mis entre les mains dudit révérend père gardien ledit contrat de vente, ledit testament de ladite défunte Madeleine Bouchet et ladite reconnaissance dudit défunt du Creux et une lettre missive écrite par icelui défunt du Creux le vingt-sixième mai XVIc cinquante-un audit Bouzonnet faisant mention de ladite rente;
pour icelle rente de quatre livres présentement cédée, faire et disposer par ledit couvent des Cordeliers de St Bonaventure de Lyon comme bon lui semblera et de chose à lui appartenant, ensemble des arrérages de ladite rente qui sont dus et échus de reste de tout le passé jusqu’à ce jour d’huy que ledit Bouzonnet a dit être au moins quatre ans échus au jour et fête de Noël dernier et ce qui en est échu depuis, lesquels arrérages ledit Bouzonnet cède, transporte aussi par ces présentes audit couvent sous la réception dudit révérend père gardien, lequel pour satisfaire de la part dudit couvent audit legs, a promis et promet esdits noms de faire dire en l’église dudit couvent par chacun an à perpétuité au vingt-neuvième jour d’avril qui est le jour que ledit défunt sieur Stella fils est décédé entre sept et huit heures du matin, un service pour le repos de l’âme d’icelluy défunt et de celles dudit défunt son père et de sadite mère à commencer le vingt-neuvième jour du présent mois d’avril, et ainsi continuer à perpétuité, fournir à cet effet les livres, pain, vin, luminaire, ornements et autres choses nécessaires pour ledit service en fin duquel sera dit sur la sépulture dudit défunt sieur Stella en ladite église des Cordeliers de Lyon un De profundis pour le repos de son âme et (comme dit est?) et de celles de ladite Claudine de Masso et dudit défunt sieur Stella, et pour plus grande assurance de la présente fondation en cas de rachat de ladite rente, les deniers provenant seront remployés en autres rentes ou héritages au profit dudit couvent, et ainsi de suite en suite tant que ladite rente aura cours, et sera fait mention de la présente fondation sur le livre des fondations dudit couvent pour en perpétuer la mémoire; ce fait en la présence de ladite Claudine de Masso, héritière universelle dudit défunt sieur Stella son fils par sondit testament demeurante esdites galeries du Louvre, laquelle a ces présentes pour agréables et, en tant que besoin serait, elle fait elle-même lesdits cession et transport de ladite rente et arrérages d’icelle audit couvent (...?) chacun en droit soy, etc.
Fait et passé en la maison desdits veuve Stella et Bouzonnet esdites galeries du Louvre l’an XVIc-soixante le onzieme jour d’avril après-midi et ont signés fors ladite Claudine de Masso qui a déclaré ne savoir écrire ne signer, de ce faire interpellée;
Estienne Bouzonnet Girin
Daubanton Gigault


Testament de Claudine de Masso (5 juillet 1660)
Arch. Nat., Minutier Central, CXIII, 47
.

L’inventaire notarié de Claudine Bouzonnet Stella mentionne le partage fait le 30 octobre 1660 des biens laissés par Claudine de Masso, entre Étienne Bouzonnet et Françoise Stella, enregistré le 2 novembre suivant par devant Augier et Pin, malheureusement manquant. Etienne Bouzonnet vient ensuite à disparaître quelques semaines plus tard, et l’inventaire fait par la prévôté de Paris (très lacunaire) le 7 janvier 1661, pareillement mentionné dans l’inventaire de 1697, semble également perdu.




Ci-dessous, première page


Par devant les notaires garde-nottes du Roy au Châtelet de Paris sousignés, fut présente en sa personne Claudine de Massau, veuve de François Stella, vivant peintre en la ville de Lyon, elle demeurant de présent en cette ville de Paris, rue des Ortyes aux galeries du Louvre, paroisse Saint-Germain-l’Auxerrois; laquelle étant en bonne santé grâce à Dieu, considérant qu’il n’y a rien si certain que la mort et rien si incertain que le jour et heure d’icelle, ne voulant pas en être prévenue ains pendant qu’elle soit comme dit est en bonne santé, disposer de ses affaires temporelles, a faict, dicté et prononcé son testament et ordonnances de dernière volonté, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit en la forme et manière qui ensuit;
Premièrement, comme bonne chrétienne et catholique, a recommandé et recommande son âme à Dieu le Créateur, le suppliant par les mérites de la mort et Passion de son cher fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ, lui pardonner ses offenses, et quand son âme se séparera de son corps, la monter en son paradis avec les Bienheureux; invoquant à cet effet, l’intercession de la glorieuse Vierge Marie et tous les saints et saintes du Paradis;
Item, fait son testament de cinq sols pour être distribués en la manière accoutumée; quant à ses obsèques et funérailles, elle en a dit ses intentions à ses filles ci-après nommées;
Item, la testatrice donne et lègue à Magdelaine sa fille, femme d’Estienne Bouzonnet orfèvre, la moitié des arrérages échus depuis et compris l’année 1657 et autres qui écheront jusqu’au jour du décès de ladite testatrice de vingt-quatre livres de rente viagère à elle due par les héritiers de défunt Jacques Maury, vivant aussy peintre audit Lyon, son second mari, voulant et entendant ycelle testatrice que si elle recevait ci-après lesdits arrérages ou partie d’yceux, ladite Magdelaine Stella puisse reposer sur les biens de la succesion de ladite testatrice la moitié de ce qu’elle en aura comme dit est reçu;
Et quant au surplus de tous les biens d’ycelle testatrice, en quoi qu’ils puissent consister, et en quelques lieux et endroits qu’ils puissent être assis et situés, elle le donne, lègue et laisse à Françoise Stella aussi sa fille, pour faire et disposer comme bon lui semblera et de chose à elle appartenant, en considération des services qu’elle lui a rendus et à défunt Jacques Stella son fils, et pour aucunement (?) les reconnaître et récompenser, eu égard aussi aux avantages et bienfaits que ladite Magdelaine Stella a reçus de ladite testatrice tant par le moyen du legs ci-dessus qu’en faveur et depuis son mariage avec ledit Bouzonnet son mari, non compris toutefois audit legs universel ce qui peut appartenir à ladite testatrice par le testament dudit défunt Jacques Stella son fils, lequel testament elle entend pour ce regard être suivi et exécuté selon sa forme et teneur;
Révocquant par ladite testatrice tous autres testaments et codiciles qu’elle pourrait avoir faits auparavant cettuy-cy, auquel seul elle s’arrête comme étant sa dernière volonté n’entendant pas néanmoins déroger à certaines donations qu’elle a faites à sesdites filles et à ses petits-enfants par acte double du dix-neuvième juillet XVIc-cinquante-sept, reconnu par devant Gigault l’un des notaires sous-signés, et Levasseur, aussi notaire le vingt-quatrième jour d’août XVIc cinquante-huit, laquelle donation elle veut (paisiblement?) avoir lieu et effet selon sa forme et teneur;
Et pour exécuter et accomplir le présent testament, l’augmenter et non diminuer, ladite testatrice a nommé et élu, nomme et élit ladite Françoise Stella sa fille, voulant qu’elle soit et demeure saisie de tous ses biens suivant la coutume de Paris.
Ce fut ainsi fait, dicté et nommé par ladite testatrice auxdits notaires et à elle par l’un d’iceux en la présence de l’autre lu et relu qu’elle a dit avoir bien entendu en la maison où elle est demeurant auxdites galeries du Louvre, l’an XVIc-soixante, le cinquième jour de juillet après-midi, et a déclaré ne savoir écrire ne signer, de ce fait interpellée suivant (...)
Ogier Gigault


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