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Les Stella


D'une Vie de la Vierge l'autre.

À propos de l'atelier des Stella,

autour de Jacques, Antoine,

Claudine et Antoinette


Mise en ligne le 30 juin 2021

« La Nativité de la Vierge; la Sainte Vierge présentée au temple par ses parens; le mariage de la Vierge; l'annonciation; la Vierge visitant Sainte Elisabeth; Jésus Christ nouveau né adoré par les pasteurs, extrait d'une estampe gravée par C. Cort; Jésus-Christ porté au temple; Jésus-Christ portant sa croix, d'après l'estampe gravée par A. V.; Jésus-Christ en croix; le trépas de la Sainte Vierge; l'assomption; le couronnement de la Vierge. Toutes ces pièces sont de l'invention de Jacques Stella, à l'exception de la nativité, qui est d'après Polydore, et du portement de croix, qui est d'après Raphaël. Ces pièces sont au burin, mais tellement égratignées, pour me servir de ce terme, qu'on voit bien que celle qui le menoit n'en avoit guère de pratique. Les dispositions générales ressemblent à celles du missel de Voisin, et je ne serois pas éloigné de [270] croire que les dessins n'en fussent pareillement de Claudine Stella; j'y vois beaucoup d'apparence. »

Mariette, Abecedario..., éd; 1858-1859, p. 269-270

Dans les dernières années du XXè siècle et les premières du suivant, une curieuse légende a été brodée à propos de la grande suite de la Vie de la Vierge à partir d'indications éparses malheureusement mal articulées. La source semble en être l'article d'Anthony Blunt de 1974 sur les falsifications opérées par les de Masso faisant passer des ouvrages de Stella pour des Poussin. Interprétant l'inventaire de Claudine (éd. 1877, p. 78) et les notes de Mariette (éd. 1858-1859, p. 269-270) reprises par Weigert (II, 1951, p. 76), elle supputait une suite mineure de petites gravures non publiées d'Antoinette reprenant partie de la grande suite de vingt-deux sujets, étudiée par ailleurs sur ce site. Il faut dire que Weigert catalogue la suite avec désinvolture, n'ayant apparemment pas identifié dix des onze ou douze gravures en question dans l'œuvre des Stella au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale France, réunies sur une seule page (ci-contre, les neuf gravures du bas et celle au milieu de la ligne au-dessus). Manquerait le Portement de croix que Mariette dit d'après Raphaël et L'annonciation.

Feuille de gravures d'Antoinette Bouzonnet Stella comprenant
10 des 12 pièces de la « petite » Vie de la Vierge. BnF
Le modèle de la Nativité avancé par Mariette doit être l'estampe en largeur gravée par Cort en 1569 (exemplaire du Metropolitan ci-contre). On y retrouve l'attitude de la Vierge tenant le linge dans lequel est l'Enfant et les dispositions en éventail des bergers, le dessin du drapé de Marie et des éléments d'architecture. L'ensemble est largement remanié et pourrait avoir requis un dessin intermédiaire de Claudine.
Cornelis Cort d'après Polidoro,
La Nativité ou L'adoration des bergers, 1569.
Gravure.
Metropolitan Museum.
Antoinette Bouzonnet Stella
d'après Cornelis Cort
d'après Polidoro (et Claudine Bouzonnet Stella?),
Nativité, Gravure. BnF
Agostino Veneziano d'après Raphaël,
Le portement de croix, 1517.
Gravure. 41 x 28,3 cm
Petit Palais, musées des Beaux-Arts de la Ville de Paris.
Une simplification comparable pour le Portement de croix put être faite à partir de la gravure de Veneziano citée par l'amateur (ci-dessus tout à droite), mais la gravure ne figure pas au Cabinet des Estampes. Le dessin de l'Annonciation figurait, avec sept autres feuilles, dans la collection Paignon-Dijonval. J'ai fait le lien entre ces dessins et la suite gravée mentionnée par l'inventaire de Claudine et par Mariette dès 1989 dans mon mémoire de D.E.A. sur les Bouzonnet, puis dans mon étude sur Claudine en 1994, puisqu'il y avait complémentarité presque parfaite entre sujets d'invention mentionnées par Bénard et reprises de modèles renaissants fameux et gravés avancés par Mariette. Sans convaincre ni Gilles Chomer ni Jacques Thuillier, qui croyaient les dessins de l'oncle, et il fallut la redécouverte dans la collection Rotschild au Louvre du dessin de la cérémonie de réception du dauphin dans la confrérie du Rosaire, dont la gravure par Landry donne pour inventeure la nièce, pour que Sylvain Laveissière en convienne et en fasse état dans le catalogue de l'exposition de 2006-2007, devant l'identité de facture.
Claudine Bouzonnet Stella,
Cérémonies de réception du dauphin dans la confrérie du Rosaire, 1661.
Crayon noir, plume et lavis. Détail de la partie basse.
Louvre.
Claudine Bouzonnet Stella,
La naissance de la Vierge.
Crayon noir, plume et lavis. 26,8 x 17,3 cm.
Harvard Art Museums/Fogg Museum, Gift of Melvin R. Seiden.
Antoinette d'après Claudine Bouzonnet Stella,
La naissance de la Vierge.
Gravure. 7,8 x 4,5 (?) cm.
Bnf.
Claudine Bouzonnet Stella,
Le mariage de la Vierge.
Plume et lavis. 26,8 x 16,8 cm.
Coll. part.
Entre-temps s'était développée la légende. La grande suite aurait d'abord été gravée - en partie, doit-on supposer - par Antoinette, peut-être interrompue par sa mort accidentelle, consécutive à une chute en 1676? Les dessins Paignon-Dijonval figuraient dans la collection parmi ceux attribués à Antoine Bouzonnet Stella. En 1976, Gail S. Davidson a rapproché certaines des feuilles sous le nom du neveu dans cette collection avec les « dessins de genre » qu'elle a mis en lumière, en les rendant à l'oncle. Attribuer pareillement à Jacques la suite « mineure » ne semblait donc pas pouvoir poser problème, tant que le lien avec la mention de Mariette ne leur était pas appliquée.

Il fallait donc passer outre la paresse de Weigert dans le catalogue des Bouzonnet, comme je l'ai fait en 1989, et identifier les pièces de la suite décrite par Mariette dans le fond de la Bibliothèque Nationale de France, pour les confronter aux dessins. Je ne les ai pas trouvées ailleurs mais je n'ai pas exploré le fond de Vienne, par exemple, et l'absence de toute lettre complique les recherches en ligne. Les rapprochements ci-contre ne laissent en tout cas pas place au doute et obligent à remarquer une réduction en hauteur qui suggère, en effet, une destination ayant ses contraintes. Claudine parle d'Heures mais mes recherches n'ont pour l'instant rien livré non plus.

Pour autant, il y avait tout de même des indices incitant au soupçon. Pour envisager de glisser de Jacques à Claudine, Mariette ne s'appuie pas sur les dessins, qu'il ne connaît pas mais sur ce que révèlent les gravures, par comparaison avec celles de la nièce d'après ses propres compositions pour le Missel Voisin. Il désigne des ressemblances dans les dispositions, susceptibles d'écarter le nom de l'oncle. Nous rentrons là dans la cuisine de l'atelier des Bouzonnet, qui a pu favoriser les confusions.
Claudine Bouzonnet Stella,
La visitation. Plume et lavis.
26,7 x 16,7 cm. Coll. part.
Antoinette d'après Claudine Bouzonnet Stella,
La visitation. Burin.
7,8 x 4,5 cm (?). BnF.
Claudine Bouzonnet Stella,
La présentation de Jésus au Temple.
Plume et lavis. 26,3 x 16,5 cm. ENSBA.
Antoinette d'après Claudine Bouzonnet Stella,
La présentation de Jésus au Temple.
Burin. 7,8 x 4,5 cm (?). BnF.
Jacques Stella,
La présentation de la Vierge au Temple
Crayon noir, plume et encre brune, lavis gris, rehauts de blanc. 36,2 x 26,4 cm.
Localisation actuelle inconnue
Claudine Bouzonnet Stella,
La présentation de la Vierge au Temple. Gravure.
Env. 13,5 x 8 cm. BnF.
Antoinette d'après Claudine Bouzonnet Stella,
La présentation de la Vierge au Temple. Burin.
7,8 x 4,5 cm (?). BnF.
Pour la Présentation de la Vierge au Temple du Missel Voisin publié en 1661, Claudine s'inspire clairement pour son décor et le rapport que les personnages entretiennent avec lui du dessin de la grande suite de l'oncle; sans bien maîtriser l'articulation de l'architecture : la colonne derrière le porte-livre a quelque chose d'incongru. Le dessin qu'elle donne à Antoinette simplifie considérablement le fond et semble retrouver l'oncle dans l'attitude du Grand-Prêtre (ci-dessus).

Elle reprend l'artifice de la colonne pour la Présentation de Jésus soumise à sa sœur (ci-contre à droite), qui s'inspire également de sa version pour l'ouvrage de Voisin (ci-contre à gauche), notamment pour le motif du vieillard soutenu par un robuste jeune homme. Quant à la figure de Joseph, de dos, elle évoque irrésistiblement le témoin au même endroit de la Présentation de la Vierge au Temple de l'oncle. Si on ne peut que rendre hommage à l'amateur d'estampes qu'était Mariette lorsqu'il restitue à Claudine les inventions de notre suite, il faut donc redire qu'il se trompe lorsqu'à propos des illustrations du Missel Voisin, il écrit que sans la lettre on les prendrait pour des inventions de Poussin... puisqu'on a fini par les croire de Stella.
Claudine Bouzonnet Stella,
La présentation de Jésus au Temple.
Gravure du Missel Voisin.
Env. 13,5 x 8 cm.
BnF.
Claudine Bouzonnet Stella,
La présentation de Jésus au Temple.
Plume et lavis. 26,3 x 16,5 cm.
ENSBA.
Faire l'inventaire de cet héritage pour les seules suites en question serait fastidieux. Il me suffira ici de confronter les Nativités dessinée en 1631 (Louvre) par Jacques, puis gravée d'après lui par Karl Audran pour le Breviarium romanum en 1632, à celle de Claudine pour ledit Missel. Legs assumé? Il n'est pas impossible que Claudine ne se soit pas pressée de traduire la grande Vie de la Vierge pour protéger sa propre production...
Jacques Stella,
L'adoration des bergers.
Crayon noir, plume et lavis.
28,5 x 18 cm. Louvre.
D'après Jacques Stella,
L'adoration des bergers.
Gravure par Karl Audran.
Env. 16,5 x 10 cm. BnF.
Claudine Bouzonnet Stella,
L'adoration des bergers.
Gravure. Env. 13,5 x 8 cm.
Tout cela peut expliquer que les dessins et gravures de la « petite suite » de la Vie de la Vierge aient pu faire illusion. Le partage entre l'oncle et la nièce est si délicat qu'on a pu croire qu'elle était l'inventeure des Pastorales alors même qu'elle ne faisait pas mystère de la responsabilité de Jacques à leur propos. Au demeurant, la même petite suite qui nous occupe recèle encore un cas discuté, celui de l'Annonciation, dont Gilles Chomer avait publié la traduction d'une version dessinée en gravure par Simon de Masso, muette sur l'inventeur, malheureusement : il avait hérité de sa cousine Claudine l'ensemble des dessins de son fonds, dans lequel devait figurer cette feuille (repr. un peu plus bas). Cette feuille a été rattachée alors à notre petite suite, donc d'abord considérée comme de Jacques puis donnée à la nièce avec l'ensemble.
Je n'ai pas eu l'occasion d'un examen rapproché, aussi dois-je prévenir de la réserve à mettre à mon jugement. Pour autant, le dessin autrefois chez Stein (ci-contre à gauche) ne me paraît pas revenir à Claudine. Plusieurs indices soutiennent cette forte réticence. La comparaison avec les mêmes ouvrages, et avec les gravures d'Antoinette, oblige à relever une respiration qu'ils n'ont pas. La figure de l'ange à la manche tombante, son profil, s'y retrouverait difficilement ainsi que dans le Missel Voisin ou les autres gravures de son invention qu'on peut lui connaître. En revanche, il a toujours évoqué pour moi la solennité de Jacques telle qu'elle appparaît, par exemple, dans le Baptême du Christ de Saint-Louis-en-l'Île (1645), dont les drapés montrent une complexité dans son rapport au corps comparable à ceux de l'Annonciation dessinée et étrangère aux pratiques de Claudine qui étant femme, ne pouvait bénéficier de l'étude de l'anatomie sur le modèle vivant non plus que de l'étude du drapé naturel.
Jacques Stella plutôt que Claudine,
L'annonciation.
Crayon noir, plume et lavis.
26,7 x 17,5 cm. Coll. part.
Jacques Stella
Le baptême du Christ, 1645.
Huile sur toile.
Paris, Saint-Louis-en-l'Île
Claudine Bouzonnet Stella,
La visitation. Plume et lavis.
26,7 x 16,7 cm. Coll. part.
Claudine Bouzonnet Stella,
La présentation de Jésus au Temple.
Plume et lavis. 26,3 x 16,5 cm. ENSBA.
Jacques Stella plutôt que Claudine,
L'annonciation.
Crayon noir, plume et lavis.
28,5 x 18 cm. Coll. part.
D'après Jacques Stella,
L'annonciation.
Gravure par Simon de Masso pour un Missale romanum.
Lyon, Bibliothèque Municipale (éd. 1707)
Écartons le Mariage dont la frise n'a pas l'agrément de ce que Jacques ménageait, par exemple dans son Saint Louis pour Saint-Germain. La confrontation ci-dessus avec les deux sujets les plus convaincants dans la maîtrise des effets « à la Stella » fait encore sentir ce qui tranche entre les productions de la nièce et de l'oncle. Le rapport des personnages avec l'espace est différent, le sentiment s'extériorise chez Claudine pour un sentiment plus nettement dévôt, que j'ai déjà rapproché du Frère Luc. J'ai caractérisé en 1994 la typologie de ses personnages, aux paupières marquées et aux lèvres pincées, visibles dans son Saint Martin de l'Ermitage (1666); les mains manquent du naturel que Jacques aime leur donner.

Retrouver une série complète des gravures d'Antoinette pour cette Vie de la Vierge est vivement souhaitable et permettrait de savoir si le dessin de l'Annonciation discuté à l'instant préparait bien son travail. Pour autant, cela n'impliquerait pas de faire de Claudine son auteur : comme lorsque j'ai remis en cause l'attribution à Jacques des feuilles assurément préparatoires à cette suite, c'est le travail d'analyse du style qui doit avoir le dernier mot. Au demeurant, Claudine aurait pu s'accomoder de soumettre à sa sœur un dessin subsistant de l'oncle dans son fonds, de même qu'elle s'est servie de modèles gravés fameux. C'est plutôt la redécouverte d'autres inventions de l'aînée des Bouzonnet, dessins préparatoires ou non aux gravures de sa main suceptibles d'un net rapprochement avec la feuille Stein, qui pourrait aboutir à un éventuel nouveau renversement.
Claudine Bouzonnet Stella,Le songe de saint Martin, 1666.
Huile sur toile. 82 x 64 cm. Ermitage.
Tout cela peut expliquer que les dessins et gravures de la « petite suite » ait pu faire illusion. On a pu s'interroger sur une éventuelle duplicité de la part de Claudine faisant passer comme de l'oncle sa propre production, au bénéfice du surnom pris à la mort de Jacques, notamment pour les Pastorales. Je crois avoir fait justice de ce soupçon en justifiant ce recours par les circonstances tout à fois pratiques et, si l'on peut dire, sociologiques propres au lieu et au temps. La lettre d'Antoine Bouzonnet à Poussin (Louvre) lui demande expressément d'adresser ses courriers ultérieurs au nom de Stella, celui dont il s'était servi après la mort de Jacques - de Masso ou Bouzonnet - étant inconnu du coursier. Le logement transmis en avril 1657 puis le privilège accordé en août emploie l'association des deux noms; le premier se comprend dans le cadre des us successoraux des privilèges royaux, suivant l'organisation dynastique de l'Ancien Régime, relayée par Félibien comme par Mariette.

Pour autant, la dette des Bouzonnet à l'égard de l'oncle formateur est indéniable, et particulièrement fortes pour la seule des sœurs s'étant employée à l'invention. Antoine est allé chercher en Italie, et particulièrement auprès de Poussin ou devant Giulio Romano d'autres modèles à méditer, étudier. Si elle bénéficiait du fond de dessin et d'estampes légué par Jacques, Claudine ne fut vraiment formée que par ce dernier. Elle eut suffisamment de personnalité, toutefois, pour s'exprimer dans un langage certes proche, mais tout de même assez personnel pour qu'il puisse être identifié. Graveuse admirable, elle compte assurément parmi les peintres respectables.

Sylvain Kerspern - Melun, printemps 2021

D'après Claudine Bouzonnet Stella,
relevé de l'ex-voto avec autoportrait de 1653 jadis à Notre-Dame de Fourvière.
Sanguine. Ashmolean Museum, Oxford
Postface, juillet 2021.
On s'étonnera peut-être que je revienne sur ce que j'ai écrit dès 1987 et publié en 1994, d'autant que l'exposition conduite par Sylvain Laveissière en 2006 en avait entériné les conclusions. Il se trouve que la légende reste entretenue par certains sites de maisons de vente ou de musées et il m'a semblé utile de les faire figurer sur la toile, tout en leur donnant une ampleur que l'étude du Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français, en 1994, ne pouvait lui accorder. Il est vrai que la page Wikipedia consacrée à Antoine Bouzonnet Stella ne mentionne pas plus mon article à son propos parue dans la même revue en 1989...

Il me semble aussi nécessaire de dire un mot de l'annotation Stella portée sur les feuilles. On la trouve sur les dessins repérés de la suite mais aussi sur certains dessins de genre, tel celui montrant Cinq hommes bougeant un bloc de pierre du Metropolitan Museum (ci-contre, détail et vue d'ensemble). Ce dernier dessin est intéressant car on peut y distinguer le monogramme de l'artiste sur le bloc minéral, à rapprocher de celui visible, par exemple, sur L'honneur de 1633 (en haut à gauche). On serait donc tenté de voir dans l'inscription Stella une signature mais la suite étudiée ici témoigne du contraire, puisqu'elle revient à la nièce. On peut lire ici ou là que celle-ci en serait responsable, mais pour quelle raison? Pourrait-on considérer qu'il s'agisse d'une marque de collectionneur? J'ignore depuis quand une telle pratique existe mais s'il est certain que Jacques et Claudine ont assumé une telle passion, qui fait partie de l'héritage, sauf erreur de ma part, l'inscription ne figure pas sur les autres dessins du fond (par Poussin, Raphaël...) qui nous sont parvenus. Est-ce une indication de provenance d'un amateur ultérieur. On pourrait objecter la même remarque. Il faut plutôt envisager l'annotation d'un collectionneur ou de son catalographe suggérant une attribution. Qui sait si l'étude de la collection réunie par Paignon-Dijonval ne nous fournirait pas la solution par l'analyse de semblables annotations? Quoiqu'il en soit, il faut clairement revenir sur l'idée que Claudine en soit responsable.

Sylvain Kerspern - Melun, juillet 2021

Jacques Stella,
Cinq hommes bougeant un bloc de pierre, détail de l'annotation Stella à la plume.
Metropolitan museum
Jacques Stella,
Cinq hommes bougeant un bloc de pierre.
Crayon noir, plume et lavis. 16,5 x 25,4 cm.
Metropolitan museum, Rogers Fund, 1962
BIBLIOGRAPHIE :
* (Claudine Bouzonnet Stella) «Testament et inventaire (...) de Claudine Bouzonnet Stella», publiés par J-J. Guiffrey, Nouvelles archives de l’Art Français, 1877, 1-118
* Pierre-Jean Mariette, Abecedario pittorico de P.-A. Orlandi et autres notes manuscrites, partiellement publiées par Montaiglon et Chennevières en 1852-1862 in Archives de l'art Français (pour Stella, t. V, 1858-1859, p. 269-270).
* Gail S. Davidson, «Some genre drawings by Jacques Stella. Notes on an attribution», Master drawings, 1976, vol. 13, nr 2, p. 147-157.
* Gilles Chomer, « Une gravure de Michel Demasso d'après un dessin de Jacques Stella », Travaux de l'histoire de l'art de Lyon, cahier n°12, septembre 1989, p. 67-74
* Sylvain Kerspern, «Mariette et les Bouzonnet Stella. Notes sur un atelier et sur un peintre-graveur, Claudine Bouzonnet Stella», Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français, 1993, 1994, p. 31-42.
* (Chomer et) Sylvain Laveissière in cat. expo. Lyon-Toulouse 2006, p. 233-239.
* Jacques Thuillier, Jacques Stella, Metz, 2006, p. 283-285;
* Sylvain Kerspern, « À propos d’une étude de Jamie Mulherron : Claudine et Jacques Stella. Quel auteur pour les Pastorales? », dhistoire-et-dart.com, mise en ligne le 29 mai 2013 - retouches de mise en forme le 3 décembre 2016; octobre 2020
* Sylvain Kerspern, Catalogue en ligne de l'œuvre de Jacques Stella, La vie de la Vierge en 22 dessins », dhistoire-et-dart.com, mise en ligne en mars 2021
Courriel : sylvainkerspern@gmail.com. - Sommaire concernant Stella - Table générale
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