Sylvain Kerspern - dhistoire-et-dart.com
JACQUES STELLA, CATALOGUE
Succès romains (1622-1632)


Sommaire de la rubrique Stella - Table générale

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Début de mise en ligne, mars 2015 - Dernière retouche : mars 2016
Les succès romains : préambule.
Le catalogue de la part romaine de l’oeuvre de Jacques Stella a singulièrement augmenté ces dernières années. Le catalogue de l’exposition de 2006 a contribué à en donner les bases, notamment par les mises au point sur la peinture sur pierre et sur les travaux pour l’édition.

Son activité semble déjà particulièrement intense, encouragée par les soutiens les plus solides qui soient dans Rome (les Barberini, Borghese...). Il poursuit sa pratique de la gravure et y consacre même un monument : l’ensemble des « camayeux », plus d’une centaine d’images et premier casse-tête pour le catalographe. J’en présenterai ici, pour la première fois, la totalité de ce que l'on peut en connaître, dont des inédits. Sa contribution à l’estampe passe aussi par les multiples dessins pour l’édition, à partir de 1625, et particulièrement dans les dernières années de son séjour.

La peinture demeure encore le parent pauvre de cette période. L’essentiel de ce qui en est jusqu’ici connu tient aux supports particuliers que sont le cuivre ou la pierre. Le retable Arese, aujourd’hui au Musée des Beaux-Arts de Nantes, n’en semble que plus singulier. Il ne fut pourtant sans doute pas unique et il suggère de sa part une autre veine que celle, précieuse, des petits formats et des ouvrages sur marbre, ardoise ou lapis-lazuli. Ce qui m’amène à une esquisse stylistique à partir des affinités qui se manifestent dans ses oeuvres.

Stella arrive à Rome au moment de l’ascension de Simon Vouet. L’analyse que j’ai donnée de la propre période romaine de ce dernier ici montre que c’est précisément alors qu’il renonce à la formule caravagesque pour pouvoir répondre aux sollicitations des grandes entreprises décoratives. Je suis convaincu que Stella, pour sa part, avait pu avoir un premier regard sur le caravagisme en Toscane susceptible de le tenir à distance du choc que pouvait causer la confrontation aux ouvrages du maître, notamment à Saint-Louis-des-Français; mais cela ne l’a pas empêché de peindre des nocturnes : les supports précieux l’y invitaient.

L’arrivée de Poussin en 1624 n’infléchit pas plus, comme on a souvent voulu le croire, le cours de sa création. C’est alors qu’il réalise la prolifique série des « camayeux » : on y trouve tout à la fois le souvenir de Florence (Passignano ou Tempesta), le regard sur les grands classiques (Raphaël, Michel-Ange, Corrège...) mais aussi sur les contemporains : aussi bien Guido Reni que le Cavaliere d’Arpino. Les modèles de Stella sont trouvés; et si le retable de 1627 montre la méditation de Carrache, il propose des solutions très éloignées de ce que formule alors en la matière son ami Poussin.

Dessins et gravures encore une fois plus abondants que les peintures montrent un artiste touchant à tous les genres, capable d’un érotisme bien éloigné de la réputation qui finit par être la sienne. Il apparaît encore comme le principal contributeur au renouvellement du frontispice autour de 1630, ainsi que l’a noté Louise Rice. Stella approche alors ses quarante ans, son parcours est déjà riche - ce qui en reste étant évidemment lacunaire - mais les promesses ne sont pas moindres...

Sylvain Kerspern, Melun, mars 2015

Oeuvres datées de 1622-1623.

Oeuvres datées de 1624-1625.

Oeuvres datées de 1626-1627.

Oeuvres datées de 1628-1630.

Oeuvres datées de 1631-1632.
Pour accéder aux notices, cliquez sur les images.
MENTIONS ANCIENNES

FÉLIBIEN/MARIETTE

- Plusieurs tableaux pour la Canonisation de Saint Ignace, de Saint Philippe de Neri, de Sainte Thérèse, & de Saint Isidore (Félibien, 1688), célébrées le 12 mars 1622, ce qui suppose que le tableau Barberini ne fut pas sa seule contribution.

- Sainte Thérèse et son frère demandant le chemin pour prêcher les infidèles à un cavalier espagnol; «cette petite pièce a été gravée à l’eau-forte par M. Stella pendant son séjour à Florence, quoyque son nom ny sa marque ne s’y trouvent pas » (Mariette 1851-1860, t. IV, p. 265; Thuillier 2006, p. 46 (non retrouvé).
Faute de connaître la gravure, dont les dimensions doivent avoisiner celles du Songe de Jacob, on ignore ce qui motive Mariette à la situer à Florence; si seul le style en fut responsable, il faudrait peut-être plutôt la rapprocher des fêtes de canonisations de 1622.
PAPIERS BORGHESE, 1631
(Alvar González-Palacios, « Concerning Furniture : Roman Documents and Inventories, Parti 1, circa 1600-1720 », Furniture history, vol. 46, 2010, p. 1-135)
- Un Jugement ou une Judith (Giuditta lu Giudizio?) et une Nativité du Christ sur pierre avec leurs cadres payés 35 scudi en juillet 1631;
- Une Madone et une Fuite en Égypte sur pierre avec leurs cadres d'ébènes payés 40 scudi en octobre 1631
Dans les collections de la Galleria Borghese, on peut rapprocher de la Nativité la peinture publiée par Gilles Chomer en 2003, qui semblerait dater de plusieurs années auparavant - mais je ne dispose pas d'une bonne reproduction ni ne l'ai vue directement; et la Judith du Jugement, en supposant une mauvaise transcription.

ARCHIVES BARBERINI
(Oskar Pollak, Die Kunsttätigkeit unter Urban VIII, Vienne, 1927-1931, t. I; Marilyn Aronberg Lavin, Seventeenth-Century Barberini Documents and Inventories of Art, New York, 1975; Jacques Bousquet 1980. Mickaël Szanto in cat. expo. Lyon-Toulouse 2006, p. 44-45)
- une Annonciation sur pierre et une Nativité sur pierre, objets d'un versement de 60 écus Barberini le 17 juin 1632 (cat. expo. Lyon-Toulouse 2006, p. 44).
L'Annonciation pourrait correspondre au tableau de Pavie; une peinture sur lapis-lazuli, d'une palme et demi (env. 37 cm.) de ce sujet est aussi envoyée à l'ambassadrice d'Espagne le 3 mai 1634 (cat. expo. Lyon-Toulouse 2006, p. 44).
- une Annonciation sur pierre et un Saint Antoine de Padoue et un Mariage mystique de sainte Catherine sur cuivre, objets d'un versement Barberini le 4 septembre 1632 de 140 écus (cat. expo. Lyon-Toulouse 2006, p. 44).
L'Annonciation pourrait aussi correspondre au tableau de Pavie, ou au tableau pour l'ambassadrice d'Espagne. Il est vraisemblable que le cuivre « da Monsù Stella » soit celui de même sujet envoyé aux « sorelle monache », soeurs d'Urbain VIII le 26 avril 1639 (cat. expo. Lyon-Toulouse 2006, p. 44).
INVENTAIRE GIUSTINIANI, mai 1638
(Luigi Salerno, « The Picture Gallery of Vincenzo Giustiniani - II: The Inventory, Part 1 », Burlington Magazine, 102 (1960), n°86-87 pp. 97)
- « Due quadretti piccioli in pietra alti palmi 1 et un quarto e larg. 1 et 3 quarti in circa (env. 31 x 43 cm), con L'historia dell'Angelo et Tobia, l'altro di S. Gio. Battista, che da il Battesimo a Christo, si crede di mano di Monsù Stella francese, con cornice dorata ».
Le marquis Vincenzo Giustiniani est l'un des plus importants mécènes et collectionneurs italiens du début du XVIIé siècle, commanditaire du Caravage, notamment. Il semble s'agir, dans le cas de Stella, de pendants dans sa spécialité, peut-être d'une commande, de fait. Les dater est pour l'heure impossible mais il est plus probable que le marquis ait fait appel à lui avant 1633 et son emprisonnement.
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